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La fièvre est ma plus douce compagne
Ces temps-ci
J'ai froid au cœur
Mais des suées me baignent
Continuellement

Au pays des mornes plaines
Voilà où tu es partie
Je ne peux t'imaginer sans peine
J'en ai la nausée là
Comme je te le dis

La fièvre m'emporte sous ses tropiques
C'est curieux ici les palmiers sont gris
Ils suintent de pluie
Comme le visage délavé d'une vielle femme
Comme des murs plâtrés d'ennui

La troupe en furie de la bacchanale
S'écroule
Mugissante théorie de chastes mégères et de polissons timides
Même leurs vices sont petits
Ils ont à l'avance l'odeur fade
Sur les pages des faits divers
De l'encre d'imprimerie

Ils ne sauront pas prémunir le destin
Contre leur morne arrivée
Avortons de l'époque moderne
Ils sont encore ce qu'on fait de mieux
En terme d'humanité
Parce qu'ils sont pauvres

Je suis parti dans un rire
A gorge déployée
Je voyais le canot qui chavire
Les rames sur les côtés
Battant l'eau morne comme les queues des poissons
Pris dans la nasse fatale


Parfois j'imagine que je suis aveugle
On prête à ces infirmes je ne sais quelle idylle
Avec le réel
Pourtant quand je ferme les yeux
C'est encore pire
Le réel me bondit à la gueule et plante ses mâchoires
Dans ma gorge

J'ai souvent mal à la gorge docteur
Dois-je vous expliquer pourquoi ?

 
DH
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