Mascarade Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
Je suis le mystérieux, l'ombreux, le fantasque,
Je suis celui qu'on montre et qui reste caché
Je suis les apparences et je suis le secret,
Et je n'ai pas de nom car je ne suis qu'un Masque.

Entre le monde et vous je glisse mon miroir,
L'obstacle de ma chair de carton bigarré
Et par les fentes étroites qui vous servent à voir
Je vous leurre à loisir sans que vous le sachiez.

Vous croyez que le masque a caché vos problèmes
Et que l'on vous croit autre, tout en restant vous-même
Mais c'est tout le contraire, ô naïf impétrant
Sous mon emprise étroite, vous êtes différent.

Je vous change, vous modèle, vous construit à mon goût
Les autres n'y voient rien, croyant vous reconnaître
Mais quand on vous approche, on sent la gêne naître
Car l'on voit la lueur des prunelles d'un fou.

Vous m'avez adopté en me croyant bénin
Et c'est un pacte grave que vous avez signé :
Vous êtes possédé, et vous croyant rusé
Je tire les ficelles et vous voilà malin.

Ce n'est pas hasard si les vrais psychopathes
Avant même de charger leurs armes effrayantes
Au moment de tirer sur foule innocente
Sur leurs visages froids m'enfilent en toute hâte.

De toute possession je suis l'un des symboles
Qui me vêt m'appartient et me doit une obole
Voleurs, braqueurs, tueurs ou mêmes financiers
Cachant leurs coeurs déserts sous un costard croisé
.

 
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