Porcelaine Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
Décembre 2002
 
 

Mon amoureuse quand elle est fatiguée
Pâlit encore s'il est possible
Au delà de la blancheur naturelle de son corps

Ses pommettes perdent toute couleur
Et des cernes dessinent des demi-lunes mauves
Sous ses yeux de pierre grise qui s'inclinent

Elle baisse la tête et ses fins cheveux lisses
Glissent sur son visage comme le rideau
D'un théâtre personnel

Je crois parfois qu'elle va s'évanouir
Elle prend une couleur de craie
Au fond de ses yeux sont tombés des nuages de pluie

Les minces lèvres sont rose pâle
Si pâles à vrai dire qu'on distingue mal
Sa bouche serrée

Mon amoureuse quand elle est fatiguée
Prend le visage d'un magot chinois stylisé
Figé dans une porcelaine poudreuse

Parfois j'ai l'impression
Par ces jours gris de l'hiver où elle prend ce visage
blanc de craie soyeuse

Qu'un souffle de vent sur cette poudre irréelle
Va dissoudre tous ses traits
Et qu'elle disparaîtra comme une dune éphémère.

 
DH
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