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| Hong
Kong, le 4 janvier 2003 |
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Hong Kong l'hiver.
Journées froides et grises, lumineuses et ensoleillées.
Les mêmes visages, mais le corps emmitoufflé. Au milieu
de cela, le souvenir de Paris s'ouvre comme une vieille blessure.
Et pourtant, j'ai détesté la vie dans cette ville
quand j'y suis revenu. Cette accumulation d'ordures, seul signe
manifeste du passage à la nouvelle année. Les éclats
de voix, les regards agressifs, les chauffeurs de taxis s'engueulant
avec les premiers ivrognes sur le boulevard Saint-Germain. Et la
tache chaude des cafés dans la nuit, la silhouette du Châtelet
et celle de Notre-Dame, l'eau qui vient mourir sur le quai de pierres
encore clair, les mouettes, leur cri aigu à l'horizon qui
s'éloigne.
Oui, la déroutante
présence de l'hiver à Hong Kong, comme si l'expatriation
n'était qu'une question de saisons. Eté perpétuel
ici, automne perpétuel là-bas, et ces variations subtiles
qu'on a cru devoir distinguer avec des mots : le printemps, l'hiver.
Seule familiarité : la rumeur sourde des travaux, l'éclat
de la mer. Hier, ce vert intense des montagnes dans les Nouveaux
Territoires, ce vert en majesté. Oui, ce que je retrouve
ici, c'est moins Hong Kong que sa bordure : d'eau, de pierre. L'eau
et la pierre. L'écoulement de la Seine, ce secret frottement
le long du jardin des Tuileries, des murs du palais du Louvre. Et
puis cette bruine fine, pénétrante. Le bonheur des
dîners du soir, le cercle enfin refermé, famille, amis.
Comme si l'expatriation n'était qu'une question de géométrie.
Cette saveur même qui revient entêtante, ce goût
de l'étrange, de l'étranger, devenir une étrangère
perpétuelle dans tous ces lieux qui sont la chair et le sang
de notre vie. Oui revenir ici, c'est faire tourner la roue et la
regarder tourner. Paris-Kuala Lumpur, passage de 8°C à
22°C. Puis Kuala Lumpur-Hong Kong, passage de 22°C à
12°C. Entre ces univers, le sas des aéroports - aires
de béton soigneusement balayées, ballet des petites
voitures que l'on observe des heures durant derrière des
parois de verre hautes comme des cathédrales. Un avion s'élance
sur la piste, puis décolle. On le voit qui s'élève
pesamment entre les nuages. Puis un autre et encore un autre.
Sur le tableau des départs : Paris, Londres, Berlin, Zürich.
Tokyo, Hô Chi Minh Ville, Singapour. Pékin, Shanghaï,
Taïwan. Bangkok, New Delhi, Bali, Phnom Penh. A chaque destination,
une seule porte d'embarquement. De la porte 7 à la porte
15, j'ai déjà virtuellement traversé l'Asie
toute entière. Et plus loin dans le hall, au bout de ce tapis
roulant, l'Europe, les Etats-Unis, l'Amérique du Sud, et
qui sait l'Afrique aussi peut-être.
Amer
savoir, celui qu'on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd'hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image.
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| 7
janvier 2003 |
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De ma fenêtre,
je vois le petit marché de ma rue, les taxis qui vont et
qui viennent, les parents qui ramènent leurs enfants de l'école.
Quelquefois quand je regarde quelqu'un travailler, je me demande
ce qu'est le travail pour la plupart des hommes. La frénésie
de cette ville est telle qu'on est obligé de se poser la
question. En France, le travail est un espace social, un territoire
divisé au terme d'âpres négociations. Ici, je
me demande bien ce que c'est. Cela doit être une société
forte et dure. Cela doit l'être parce que les gens au travail
sont d'un grand sérieux. C'est l'affaire de leur vie. Ils
ne se permettent aucun délai, aucun repos, aucune plaisanterie.
La vérité de Hong Kong n'est pas une vérité
contemplative. C'est quelque chose de sourd et de violent.
L'oisiveté
est ici le plus grand de tous les luxes, de tous le plus inouï,
le plus choquant. Pourtant les hongkongais aiment leur travail.
Ils l'aiment quand bien même ils l'exercent dans un monde
sourd et violent. Ce travail est précisément leur
seule protection contre l'hostilité du monde. Quelque chose
comme un résidu de chaleur dans le froid ambiant. Tout le
monde dans cette ville s'efforce de se rendre utile, de manière
compulsive, obsessionnelle. Le préposé d'une station
de métro, la vendeuse d'une boulangerie, l'employée
d'une banque sourient dès qu'on les aborde (un sourire plutôt
craintif). Ils parlent et exécutent leurs tâches à
toute vitesse. Parfois je les vois même courir. Le travail,
sous ces latitudes surpeuplées, est un bien fragile.
De ma fenêtre,
je vois le balayeur qui pousse sa charrette à bras, les commis
qui soulèvent et rangent des cageots. Jour et nuit, ils sont
là, même le dimanche. Une fois, j'ai demandé
à mon marchand de légumes : " Mais pourquoi tu
ne rentres pas chez toi ? " Il m'a répondu : "
Rentrer chez moi, quelle différence ? " Dans leur vie,
il n'y a donc pas une, mais deux composantes : le travail et l'attente.
Oui, c'est aussi ce que partagent les habitants de cette ville :
l'attente.
Selon les jours,
Hong Kong me fait penser à New York, ou à Nairobi.
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8 janvier 2003 |
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De ma fenêtre,
je vois aussi les façades des immeubles voisins. Des toits
de tôle rouillée, des carrés de plâtre
de couleurs différentes, l'il morne des climatiseurs.
Et sur les terrasses où la peinture s'écaille, des
pots de fleurs. Du linge qui pend aux fenêtres, soigneusement
étendu. Comme les parasols du petit marché : on a
ingénieusement calfeutré leurs déchirures avec
des morceaux de carton, de plastique. On se dit : " Cet échafaudage
va s'effondrer avec la première bourrasque. " Cela fait
bientôt neuf mois que je vis à Hong Kong. Les cartons
sont toujours là.
Se promener
dans ces rues : expérience d'une vision totale où
le découragement vous guette. Le moyen de tirer quelque chose
de ce béton mangé d'humidité, de ces couleurs
indistinctes, de ces façades lépreuses ? Le temps
passe. La moisissure demeure. Collée sur la moisissure, la
bannière éclatante des publicités. Au-dessus
de la propreté méticuleuse des trottoirs, des plantes
qui s'amoncellent, jungle miniature, splendide, à l'entrée
des immeubles. Ce soin infini que l'on a mis à arranger la
face aveugle de ces tours, dans les moindres détails.
Il y a en bas
de mon quartier un des derniers bidonvilles flottants de Hong Kong.
Des barques fragiles comme des paniers d'osier vont et viennent
entre les bateaux. On retrouve les pots de fleurs et le linge soigneusement
étendu sur leurs flancs où du bleu s'écaille.
Ici et là, la touche stridente d'un petit drapeau vermillon,
la lueur éteinte d'un store jaune délavé. Les
masures qui s'érigent et flottent sous ce pont d'autoroute
sont d'un brun vif. Je viens ici quand j'ai besoin de gaieté.
J'écoute le ronronnement des moteurs, je regarde les allées
et venues des oiseaux qui jouent avec les tours, les montagnes.
Sur le quai, des hommes jouent au mah-jong, abrités par l'ombre
sale d'une grosse toile. Ce ne sont pas les mêmes hommes que
dans le reste de la ville. Leurs cheveux sont hirsutes, leurs pulls
crasseux. Et leur regard direct. Ils vous dévisagent sans
mot dire, puis ils vaquent à leurs affaires ou retournent
à leur jeu. De temps en temps, les nacelles livrent un écolier
et sa mère, un jeune couple, un vieil homme. Ou bien un passant
fait signe du quai où je me suis assis, et les nacelles surgissent
d'on ne sait où et l'emmènent. Oui, je donnerais cher
pour connaître moi aussi ces quelques mots de cantonnais.
Ils me permettraient, à quelques pas seulement de la grande
ville et de son autoroute, de prendre soudain la mer.
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10 janvier 2003 |
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L'intérieur
de ces magasins est rose bonbon. Ils vendent des cartes de vux,
des porte-clefs, des peluches et autres jouets pour adultes. L'intérieur
des magazines est rose aussi et le sourire des filles assez pâle.
La foule déambule dans les magasins, curieuse, affairée,
leurs yeux furètent dans les magazines. A la lueur des néons,
le monde est rose et blanc comme un gâteau de mariage glacé.
Dans les rues voisines, au pied des tours, les marchés chinois.
Sous l'éclat pourpre de leurs lampes, suspendus à
une barre de fer par des crochets, des quartiers de de buf
s'égouttent.
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11 janvier 2003 |
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| Shanghaï,
qui fut divisée en concessions anglaise, française,
et même japonaise, serait aujourd'hui la vraie vitrine de la
Chine Moderne. Ce qui est à tout le monde, c'est bien connu,
n'est à personne. Shanghaï peut donc devenir le symbole
de la réussite chinoise. Et Hong Kong, qui ne fut malheureusement
qu'anglaise, ne peut lui disputer ce titre.
Les Chinois
finiront par refouler Hong Kong de leur mémoire comme un
souvenir honteux. C'est précisément pour cette honte
qu'il faut aimer Hong Kong. C'est ce qui lui donne aujourd'hui un
caractère brûlant et pathétique, saveur unique
que le courant de l'Histoire viendra bientôt dissoudre.
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12 janvier 2003 |
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| Je marchais hier
au bord de la mer, sur une promenade amenagée le long des falaises
de Deep Water Bay à Repulse Bay. A l'horizon, l'ombre gris
clair des paquebots. Le soir approchant, la lumière se fit
plus chaude. Et l'on vit apparaître au loin le contour étrange
de montagnes inconnues, derrière les grands bateaux.
Les oiseaux
qui viennent passer l'été en Australie se reposent
à Hong Kong. Il n'y aurait que trois lieux comparables en
Asie. L'île est leur dernier lieu de rassemblement. Les oiseaux
migrateurs viennent se gorger de poissons dans les lagunes, puis
ils accomplissent sans escale un voyage de 5000 kilomètres.
Hommes, oiseaux.
Etrangers de toutes espèces, réfugiés sur un
seul et même rocher.
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24 janvier 2003 |
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| Le sol des couloirs de
cet hôtel est entièrement tapissé de rouge, et
tous les miroirs sont voilés. Plus aucun bruit. Un monde écarlate
et calfeutré. Mais tout est prêt, enfin, pour le grand
jour : Hong Kong le 30 juin 1997. Brouhaha dans le hall de l'hôtel.
Brusque afflux de journalistes venus du monde entier. Les flashes
crépitent en ce jour historique. Les responsables de l'hôtel
sont sur les dents. Et s'il venait à changer de trajectoire
au dernier moment ? C'est pourquoi le tapis rouge qui se déroule
à travers les couloirs se déroulera jusque dans sa salle
de bains. Jiang Zemin ne peut marcher que sur du rouge. Qu'Hong Kong
reconnaisse enfin son maître.
Au fort de Stanley, les
soldats en faction transpirent. Les hongkongais aussi. La chaleur
sans doute. De toute façon, chacun peut se rassurer : ce
régiment ne sera pas autorisé à se rendre en
ville. C'est qu'une bière à Wanchai coûte au
bas mot 40 dollars. Et si Hong Kong est désormais une ville
chinoise, le salaire de ces soldats n'est pas encore un salaire
hongkongais. Que chacun reste donc à sa place.
Après quelque
temps, les premiers touristes se hasardent au fort. Les enfants
s'amusent à faire peur aux sentinelles, mais celles-ci restent
inébranlables. On se croirait devant Buckingham Palace. Après
1997, un changement tout de même : le club de parachutisme
de Hong Kong a dû replier ses activités sur le continent
(les sauts se faisaient sur l'ancien aéroport militaire).
Hong Kong vue d'en haut.
Un chapelet d'îles au milieu de la mer. Des montagnes d'un
vert profond dominent les flots bleus qui scintillent sous l'essaim
des bateaux. Au loin, une fine sculpture de pierre. La toile du
parachute palpite et se gonfle sous la pression du vent. Plus aucun
bruit. Le temps lui-même se suspend.
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25 janvier 2003 |
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Cette jeune
fille veut devenir profiler. Elle a de beaux yeux candides
et pleins de force. Je souris. Y aurait-il des tueurs en série
à Hong Kong ? Elle éclate de rire, un rire ingénu
et confiant. Quelques-uns mais guère. Beaucoup moins que
dans les grandes villes comme Londres ou New York. Il n'y a en fait
qu'un seul profiler professionnel à Hong Kong, son
patron, qui est aussi officier de police. Elle-même étudie
la psychologie et elle n'est encore que stagiaire. Que faisait-elle
auparavant ? De la comptabilité. Je me rends compte que nous
nous sommes tous les deux appuyés contre un frigidaire pour
discuter. Autour de nous, la musique, la chaleur, l'éclat
des voix. Bien sûr, dans les films de Hong Kong, il n'y en
a que pour les triades. C'est une vision très largement exagérée.
Car il y a aussi la violence dans la famille, dans le couple, la
violence dans la sphère privée. Cela concerne même
la majorité des cas. Mais il est vrai qu'on rencontre quelquefois
des forcenés du crime, des récidivistes. C'est rare,
heureusement. Nous continuons à parler encore quelque temps
de choses et d'autres, au milieu des allées et venues, appuyées
contre le frigidaire.
Et pourquoi yeux candides et pleins de force, dans cette société
obsédée par l'ordre et la réussite matérielle,
t'intéresser à ces marginaux, à cette lie ?
Mais parce que, répondent-ils sans ciller, l'humain m'intéresse.
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27 janvier 2003 |
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Cours de littérature
française à Hong Kong. Les étudiants sont attentifs,
comme toujours en Chine. Leurs yeux sont comme des petites lampes.
Qu'est-ce qui brûle au juste dans ces petites lampes ? Je
chante la Marseillaise (c'est un cours consacré à
Victor Hugo). Accents guerriers. Imaginaire sanglant. Nous rions.
Delacroix, La Liberté guidant le peuple. Tableau familier,
même pour les étrangers. Au premier plan, il y a une
chaussette sale qui tirebouchonne. Le cadavre qui la porte est couché
au travers d'une barricade, dans l'ombre sublime de l'allégorie.
A travers les murs, nous percevons la rumeur du trafic, toujours
intense à six heures du soir. Romantisme, réalisme,
symbolisme. J'imite la cadence des messes latines (Victor Hugo :
je serai Châteaubriand ou rien). Je parle de la phrase stendhalienne,
hugolienne, flaubertienne. Je bataille, sans le savoir, pour qu'ils
perçoivent l'importance de la période dans la langue
française. Et toujours à l'arrière plan, ces
cris et ces bruits de fusillade.
Il m'a fallu venir jusqu'ici pour percevoir de quelle façon
les idéaux de 1789 ont travaillé dans leur chair les
écrivains français du XIXème siècle.
Je chante la chanson de Gavroche : " Je suis tombé par
terre, c'est la faute à Voltaire. Le nez dans le ruisseau,
c'est la faute à Rousseau. Je ne suis pas notaire
"
Les étudiants ne chantent pas avec moi, mais ils auraient
pu. Victor Hugo, écrivain universel. Quand on l'approche,
on est toujours saisi de froid, comme à l'ombre d'un grand
monument. Et pourtant, au bout d'un moment, le miracle opère
toujours : un instant, la pierre s'anime et un souffle passe.
Tandis que ces petites lampes brûlent en silence on ne sait
quelle huile en leurs consciences.
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28 janvier 2003 |
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De tous les
événements de leur histoire récente, c'est
la Révolution Culturelle qui semble avoir le plus marqué
les Chinois. Il se serait d'ailleurs passé un phénomène
comparable au Tibet (à ce jour, je n'ai trouvé qu'un
seul livre qui en parlait). A chaque fois, un peuple se saisit de
sa propre culture et la saccage, dans une atmosphère de délation
collective. Mais qu'est-ce qui a été le plus destructeur
pour ces peuples ? Cette dénonciation qui n'a épargné
aucune famille ou la profanation de leurs temples, de leurs bibliothèques
?
Famille, culture
: il s'agit à chaque fois de violer un espace privé.
En quoi la beauté peut-elle menacer la pérennité
d'un pouvoir politique ? Cette question ne peut manquer de traverser
l'esprit du voyageur en Chine. Démolition des hutongs de
Pékin, construction d'une autoroute au beau milieu des Gorges
du Tigre près de Lijiang, dans le Yunnan. Même Hong
Kong pourtant sous domination anglaise, en ses jours fastes (tu
ne peux t'imaginer, me disait un ami, quels flots d'argent ont pu
se déverser sur Hong Kong dans les années 80) n'a
pas cru bon d'agrémenter ses façades. Pourquoi ?
George Orwell,
1984 : il n'y a pas de beauté sans conscience individuelle,
sans liberté de penser et de juger. La culture n'est rien
d'autre que l'histoire, la mémoire de toutes les tentatives
de l'homme pour se rapprocher de la beauté. Il ne faut donc
pas que la place Tien An Men soit vraiment belle. Et tous ceux qui
à travers leur recherche de la beauté rendent cette
liberté désirable, doivent être surveillés.
Hong Kong, illustration du principe " un pays, deux systèmes
", restera donc en toute logique une ville économiquement
propère et esthétiquement contestable.
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