Guildford, Surrey Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
Pour des raisons qui ne regardent que moi, je passe beaucoup de temps à Guildford, Surrey. Je peux cependant vous dire que j'y suis bloqué de longues journées, à tout moment de l'année. En quelques heures, on a fait le tour de la ville : deux rues piétonnes et historiques, trois bouquinistes, quatre cimetières gothiques et moussus à souhait et l'on recommence la même visite. J'ai même visité, un après-midi forcément pluvieux, une cave où étaient entreposées des marchandises depuis plusieurs siècles : une pièce vide et blanche, deux membres de la société historique locale tentant de placer des feuilles photocopiées à des prix prohibitifs, une espèce d'allégorie de l'ennui.

Qu'y a-t-il donc à Guildford, Surrey ?

 
 

Il y a la tombe de Lewis Carroll. C'est déjà pas mal. Elle est discrète, en haut d'une montée interminable, dans le cimetière le plus anodin de la ville.

Il y a un peu partout, vers Shalford notamment, de petites églises sorties de Walpole ou de Lewis, entourées d'un mur de briques.
Et des forêts, de tous les côtés, forêts propres et très polies remplies de personnes âgées coiffées de casquettes roses ou bleues, comme autant de lutins déguisés, n'osant vous faire remarquer qu'ici c'est une forêt et non un jardin public, je vous assure : cela fait une différence.

 
 

A Guildford, Surrey, il n'y rien d'autre que l'attente. Cela ne tient en rien à la ville elle-même où les voitures sont neuves et brillantes, où d'autres personnes âgées ramassent les mégots avec des balayettes oranges, où tout le monde remercie le chauffeur de bus. Cela tient à ce qu'à Guildford, Surrey, je passe toutes mes journées à attendre de n'être plus seul.

 
EM
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