Ils sont venus
nombreux au début de l'été,
Frétillantes minettes ou stars bodybuildés,
Mémés sous parasol et gamins excités,
Profiter de la plage tout le mois de juillet.
Ils sont une
vingtaine, étendus mollement,
Lisant des horoscopes, peaufinant leur bronzage,
Pour absorber l'alcool ingéré avec rage
La veille au soir en boîte ou au camping géant.
Ils se réveilleront
en fin d'après-midi
Sortiront du coma pour boire l'apéro,
Avant de retourner dans leur cercueil disco
En Ford Fiesta kitée ou Clio GTI.
Ils sont une
dizaine, divisés en deux camps,
Ils jouent au beach-volley, au foot ou aux raquettes,
Ensablant les voisins, épatants les minettes,
Sautant comme des cons, courant comme des glands
Pour montrer
la vigueur de leurs biceps huilés,
La blancheur de leurs dents, leurs nouveaux tatouages,
La qualité tannée de leurs mois de bronzage
Et le vide parfait de leurs crânes rasés.
Ils vont par
cinq ou six, assis sur la jetée,
Lançant près des rochers de pauvres asticots
Aux poissons somnolents trop près du fil de l'eau.
Pauvres pêcheurs bredouilles pour toute la journée.
De tous vos
hameçons, les poissons n'en ont cure,
Vautrés en rangs serrés près des bouches d'égout,
Ils gobent sans frémir, sans plaisir et sans goût
Les détritus flottants gorgés d'hydrocarbure.
Ils vont souvent
par deux, père-fils, ou bien frères,
Enjambant les corps mous échoués sur le sable,
Marchant le long de l'eau sans espoir véritable
D'échapper un moment au vaste cimetière
Que composent
les vagues de vacanciers heureux
Posés sur leurs serviettes de toutes les couleurs
Ou courant sur la grève étouffée de chaleur,
Se brûlant au soleil, braillant à qui mieux mieux.
Lassée
du sable fin et des blancs coquillages,
Fatiguée de ces gens qui ne regardent pas
L'étendue des possibles ouverte entre ses bras,
Je crois bien que la mer se fait chier à la plage.
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