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| En se promenant
avec François, nous sommes tombés nez à nez avec
ce tigre, sa tête de fauve posée sur un mur à
deux mètres du sol. Nous étions à la Boca, quartier
populaire de Buenos Aires, célèbre pour son club de
foot et pour son "Caminito" touristique ; petite rue colorée,
une sorte de Montmartre argentin, qui dissimule à peine la
misère du quartier. |
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| François
prit le tigre en photo. Par la suite, j'en fis une petite aquarelle,
j'étais très fier d'avoir découvert ce tigre.
C'était mon tigre "porteño", un peu comme
un lion vénitien. Je l'aimais bien, j'allais le saluer dès
que j'allais à la Boca et je le présentais à
mes amis lorsque je leur faisais visiter ce quartier qui m'était
familier. |
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Je ne sais pas
pourquoi ce tigre en plastique m'était aussi sympathique. Je
devine qu'il s'agissait d'un vieil objet de propagande ayant glissé
le long du piquet qui le retenait pour rester bloqué, la mâchoire
sur le vieux mur.
Ce qui me plaisait, je crois, c'était son air digne au milieu
de cette misère en tôle, l'oeil rivé sur les habitants
de la Boca ou de rares touristes perdus. Le regard curieux, les crocs
rentrés mais une moue un peu méprisante pour les hommes. |
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| JH |
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