Perdita D. Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 

- Djibouti
A terre, ce matin

Mornes remords, mouches à miel du sommeil
l'attente en croissant fertilise la croupe des années
leurs rondeurs moirées

Dans ma tête, une crème de bonheurs confus

- Djibouti
Soir ! Soir vers la nuit lectrice de pensées
Tristessa, Kerouac. Addesso... Comment veux-tu que je t'oublie...

Il se déplace avec sur la peau une ombre asséchée
se retourne vers moi
est-ce qu'il devine ?
Ma naissance d'un trait de fusain
l'orange sanguine de cette belle pâte à modeler

Perdita ?
Je suis là
Je ne s... Comment voulez-vous que je l'oublie...
J'ignore si son fantôme inquiète
ou si on s'accommode de ses frôlements
Hmmmm. Durango. Port Tropique.
J'accosterais encore son coeur
s'il était à naviguer.

- Plus tard, à tâtons dans le noir pour trouver un stylo,
mon carnet à spirales et un comprimé d'hydroclonazone
Musique derrière la cloison mince de la chambre d'hôtel.
Desert's song. Jazz du scorpion

Je ne comprends pas ses errements la nuit
pour semer les bagages de sable, enterrer son amour

- Dernier jour à Djibouti. Yulunga... La la la (je chante, depuis que j'ai cessé de fumer)

Quelques peaux d'oranges, les restes froissés du déjeuner sur l'aube
un café avalé sans penser à rien
suis-je intacte ? Djibouti tremble dans sa chaleur morte
une ombre tire sur moi, je meurs au ralenti

Il gémit,
dégoupille le feu qui passe au rouge
une jeep dérape et fonce dans ses bras
l'abîme de son amour saharien

Le Petit Prince chante "Purple rain"
des femmes de cendres éclairent les poussières
là-bas,
sur le ciel
nuit marine et violette

Sommes-nous intacts ?

Perdita D.
Djibouti. En terre
Comment veux-tu que je t'oublie...

 
MDS
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