Maurice Durand Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 
 
Entrée - Maurice Durand

Allons-y ! Regardez-moi cette tablée de cons. Poseurs, vains, stupides. Bande d'imbéciles. Salopards. Ca pue ici. Ca pue le fric volé, la combine, l'argent sale et corrompu. Famille de merde. Et l'autre ensoutané là, qui lève les yeux au ciel. Merlan. Corbeau. De l'air. De l'air...
Et les femmes, les putains. Hum, c'est bon ces escargots. Boire un coup. Putain. Me la ferait bien la bonniche. Beaux nichons. Il me saoûle avec son projet celui-là. Il va raquer, espère. Et l'autre intellectuel de mes deux. Lopette !
Comprend rien à la vie, lui. Le dentiste, endive. Pas un homme. Pas de couilles, bordel. La bonniche. M'emmerde, l'autre con. Potiche. Voilà Mémère qui ramène ses croûtes. J'ai la dalle avec ces mignardises. Tout le fric que ça coûte. Me gratte. Doit être l'autre pute, avec ses morbacks. Mais quelle pipe. Si ça trouve, je peux y aller ce soir. Connard, cet intello. Baisable la rombière...

Autre convive
 
Plats - Maurice Durand
De la viande, ça fait du bien. Un peu sec. Pas grave. Je le vois venir, l'autre, avec son cadastre. Putain, les nazes. S'assument pas. Dès que je parle des bougnoules, tout le monde frémit. Pourtant c'est le genre à approuver tout en restant peinards à la maison pendant que les fellouzes vous dégomment. Bandes de cons. Putain, le bordel. Les hommes, quoi, pas se casser la tête ni se la prendre. Bandes de bougnoules. Marre. Vraiment des connards. Les bourgeois d'aujourd'hui sont comme les bourgeois d'hier. La même raclure auto-satisfaite, la même croyance en eux-même, pas de questions, circulez y'a rien à voie, nous assurons le fonctionnement de la société, mais laissez-nous gérer les affaires. Les affaires. Je vais t'y mettre jusqu'au cou dans les affaires, mon canard, tu vas voir. Je vais t'appâter, tu vas payer, et je te ferais chanter un autre chanson. Ta femme viendra me lécher les roustons pur que te lâche la grappe. Connards. Si je pouvais me faire l'intello, aussi. Parade, parade, mon gars, j'irais pisser sur ta bagnole tout à l'heure...
Autre convive
 
 
Fromages - Maurice Durand
Putain, voilà les frometeboques. Mon régal, ma passion. Venez à moi, les petits. Ah qu'est ce ça manquait en Algérie, les fromages. Un Saint-Marcellin crémeux, un vacherin à la cuillère, un munster au cumin avec du pain de campagne qui craque. Ca c'est du sérieux, comme qui dirait la civilisation, le rempart de l'honnête homme, la ligne maginot de l'esprit campagnard. Quand je mange du fromage, j'ai l'impression de revenir à des racines enfuites. J'ai une impression de continuité, d'héritage mystiques venu du fond des ères. Putain, voilà que je parle comme la tantouze. Et Ducon qui me regarde bouche bée.Attention ! Attention ! Et paf, ferré le bestiau. Il a pris dans les dents mes allusions, il salive, il salive, comme l'autre maquereau devant sa femme. Allez mon lapin, approche de l'épuisette de tonton Maurice. Et hop, le petit chèvre, d'un coup, merde ma veste en a pris un coup. Trop bon. Moi, j'aime tout. La croûte et tout. Ma femme, elle les vends les croûtes. Hu, hu ! Ca m'amuse. Elle attaque la garce.
Aïe mes amibes. J'ai la tripaille qui part en torche. C'est les fromages. Aïe. Putain, l'intello, je vais la décorer ta voiture.
Autre convive
 
 
Dessert - Maurice Durand
Je vais me calmer la tripe à l'armagnac et au gateau. Ca cale. Et l'autre me buffe dans la main.T'inquiètes mon gars, tu va y venir. Tu seras frétillant quand je te dirais "Baisse-toi et ramasse ce cadastre". Hu, hu, Aïe ! Mon ventre. Putain d'Algérie. Ah, les gueules ! Il suffit de leur balancer deux-trois vérités pourqu'ils s'écrasent. Connards. De Gaulle. Les foutrait à l'eau ces cons qui ne savent plus ce que c'était. Et l'autre gauchiste. Connasse. La torture. Et les fellouzes, ils torturaient pas ? Connasse. Mon pied au cul. Si l'intello la ramène, je lui fraise la gueule. Trop bu. Putain. Tristesse. Gueules de cul. J'les hais. J'vais me faire du fric sur ton dos, emmanchure, et je vais te baiser ta femme. Et ta bonne. Et ton chien. Z'ont pas de chien ? Comment, même pas de teckel ? Tout fout le camp. Putain.
Autre convive
 
 
 
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