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Voici le préambule de la vie d'un héros
Anonyme. Il est pourtant sûr de son destin
Peu commun. Il n'est pas un caniche, pas un moineau
Une fourmi, un têtard. Il sait qu'il est quelqu'un.

Sous ses dehors de rien, il engraisse un génie
Un général d'armée lui sommeille dans le corps
Le monde entier verra, un jour, abasourdi
La splendeur de son être pour prix de ses efforts.

Il pleut pourtant. Il est dans le rêve d'un autre
Se voit comme du dehors, son corps trop court, mal fait.
Les temps héroïques sont là où l'on se vautre
Dans la célébrité posthume et les hauts faits.

La victoire est à nous crient les gens qui accourent
Il est là. Il n'est rien. Un clébard sur le bord.
Ou un mendiant. Une putain. Ou un de ceux qui courent.
Ce serait trop horrible. Plutôt qu'eux, disons mort.

Parmi les adorés, il voit une place vide
Il le sait. C'est la sienne (après tout, c'est un rêve)
Secouant son cadavre, jambes faibles, front livide
Crevant de trouille, maladroit, suant, il se lève

Et dans l'effort se dresse, pris de vertige, comme fou
Crie Je suis mort pour toi, peuple, je fis ton bien
Grimace sa douleur, mais tout le monde s'en fout :
Sans un peu de panache, ce grand effort n'est rien

Grinçant suant soufflant, il crie pour qu'on le voie
Qu'on se souvienne de lui et de tous ses efforts
Mais en vain il s'épuise car l'homme vaillant n'a
Sans la gloire du vainqueur pas plus de prix qu'un mort.

 
FXS
 
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