Une introduction à l'étude des littératures infernales Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 

Quiconque se livre de près ou de loin à une étude des différentes littératures infernales se doit avant tout d'avoir le coeur bien accroché. La littérature démoniaque est à la base une littérature technique, née du besoin de conserver la trace des différents procédés et inventions que les démons ont mis au point au fil des siècles pour s'occuper des damnés. [voir à ce sujet les travaux d'Ignacio Deridio qui le premier parvint à prendre copie de parchemins infernaux antiques].
De ce départ prosaïque la littérature infernale a gardé un point de vue très terre-à-terre, souvent inventif et édifiant mais la plupart du temps extrêmement éprouvant pour le lecteur.

C'est que le sujet principal de la littérature démoniaque est l'homme, bizarrement. Et avant tout autre chose l'homme aux enfers, l'homme non pas facteur mais subisseur, l'homme en tant qu'objet donc. Ce point de vue particulier est apparent en lui-même ou en sa négation, nous le verrons, tout au long de l'histoire de ces littératures, que ce soit dans ce qu'il faut bien appeler les manuels techniques des débuts aussi bien que dans les différentes évolutions narratives, jusqu'aux oeuvres de fiction qui ont fait leur première apparition il y a moins de quatre cent ans, et même dans les méta-littératures qui sont, elles, toutes récentes et pour beaucoup toujours illégales.

Cette particularité des littératures démoniaques, leur obsession humaine, est sans doute le seul de leurs aspects qui nous les rendent compréhensibles, voire supportables. Elle seule permit à certains êtres humains de défier l'opprobe générale qui ne manqua de se manifester quand ils commencèrent à étudier les premiers documents ramenés de l'autre monde. Elle seule nous pousse à lire les uns apres les autres les documents innommables qui nous reviennent des Enfers.

Car le chercheur ne peut adopter, face à l'horreur de son sujet, qu'une attitude détachée. Les L.i. ne sont pas un inoffensif traité sur la nature du Mal, elles sont bel et bien le produit de celui-ci et il est impossible de les comprendre pour qui s'efforce en même temps de les juger. L'étudiant ne parviendra à aucun résultat valable s'il ne fait pas sien, à un certain niveau, le monde maléfique qui est celui des écrivains démoniaques.

 
 
I Notre connaissance des provinces infernales,
un bref rappel historique
 
 
II Les infernaux primitifs
 
III L'apparition d'une véritable littérature ?
 
 
IV Une laïcisation de la littérature démoniaque ?
 
 
V La fiction entre en scène
 
 
VI Les méta-littératures infernales
 
 

Conclusion : faut-il brûler les livres infernaux ?

Beaucoup a été dit sur l'étude des littératures infernales et sur ceux qui s'y livrent. Certes le procès retentissant de Victor Slaintars ou les motifs et activités répugnantes des collectionneurs d'artifacts infernaux n'ont pas peu fait pour donner à cette branche de l'étude et à ceux qui s'y consacrent une odeur sulfureuse. Aussi est-il sans doute bon de rappeler que la plupart de ceux-ci ne sont en rien des adorateurs du démon mais au contraire se voient eux-même comme les combattants de pointe de la Chrétienté contre les Enfers. Quiconque, sain d'esprit, a vu comme l'auteur de ces lignes les cocons infernaux cachés dans les salles interdites du Louvre ne peut manquer de choisir son camp dans ce grand combat.
Car si les démons ne peuvent echapper à leur nature, un être humain et un chrétien digne de ce nom ne voudra pas échapper à la sienne. L'auteur ici voit la rédemption et leur repos final comme le but ultime et la justification de l'étude des littératures infernales. Il nous faut comprendre les démons et le processus de la damnation pour espérer sauver un jour ceux-ci, et depuis que notre Sainte Eglise, dans Sa sagesse, a interdit à Ses enfants toute action directe contre les Enfers qui mettrait en danger leur âme, la littérature est la seule arme qui nous reste en ce saint combat. Peut-être même en a-t-il toujours été ainsi : les armées de 1608 et de de 1803 se sont certes couvertes de gloire, mais pour quels résultats ? Alors que les évolutions récentes des littératures infernales semblent indiquer la possibilité d'utiliser ce médium pour subvertir les Enfers eux-même, y semer un autre genre de destruction et peut-être un beau jour y préparer le retour triomphant des armées du Ciel.

 

 

AS
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