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Qui sont les
nouveaux venus sur Internet ?
En majorité des personnes du grand public, attirées
par le battage effectué autour du nouvel outil de communication.
Sans rentrer dans le détail de leur répartition sociale,
on sait que cette nouvelle génération d'entrants sur
le réseau est généralement aisée, d'âges
et de profession très divers, mais qu'elle fait preuve d'assez
vastes lacunes concernant le maniement de l'informatique et surtout
des concepts du réseau. Attirés par la lumière
en quelque sorte. Parallèlement, le flux de connaisseurs
(relatifs) restent relativement constant (c'est à dire qu'il
augmente avec la croissance de sa population), qu'il s'agisse des
étudiants ou des nouveaux travailleurs (i.e. travaillant
dans un domaine lié à Internet).
La population
qui vient à Internet par son travail ou par ses études
n'est pas celle qui a le plus de problème à utiliser
le réseau : les nouveaux arrivants sont formés par
leur ainés (professeurs ou collègues de travail) et
possèdent donc une idée de ce qu'est le réseau
avant même de l'utiliser. Ils savent ce qu'ils peuvent trouver,
et ils connaissent avec plus ou moins d'acuité les moyens
de trouver l'information qui les intéressent. Certains n'utilisent
le réseau que pour la stricte application de qu'on leur enseigne
(ou demande) et ne pensent pas à y trouver d'autres informations,
par exemple relatives à leurs centres d'intérêts.
Ceux-là n'ont peut-être qu'une version limitée
du réseau. Mais la majorité ont une vision globale
de ce qu'est le réseau qui leur permet de comprendre les
tenants et les aboutissants d'une recherche fructueuse ou infructueuse,
et de la validité ou pas d'une information.
Les personnes
du grand public qui viennent à Internet pour tous un tas
de raisons sont d'abords des cibles publicitaires : le fournisseur
d'accès qui va leur permettre de connecter leur petit ordinateur
(voire de leur fournir un ordinateur connecté) pense avant
tout à les rendre captifs de son portail, dans lequel il
peut distiller à loisir publicité ciblée et
offres alléchantes.
Pour cela, le fournisseur va rendre disponible à travers
ses interfaces les services d'Internet : client mail personnalisé,
moteurs de recherche, forums de discussion...
Et le but est
atteint quand l'internaute pense qu'Internet, c'est justement le
portail de son fournisseur. C'est le cas de la majorité des
internautes. Et cela correspond à un travestissement de la
réalité : plus qu'ailleurs, les acteurs commercial
du réseau jouent sur le non-dit, sur l'aspect mystérieux
de la technique et sur l'ego des acheteurs pour leur imposer des
contraintes dont ils pourraient s'affranchir. Le petit garagiste
qui volait son client en ne précisant pas les effets secondaires
d'une réparation, en s'abritant derrière la mécanique
ou en affirmant abusivement la supériorité d'un modèle
n'est pas si loin que ça ! En fournissant des solutions captives,
les fournisseurs privent même l'internaute de découvrir
qu'il est captif : il aurait tôt fait de réclamer sa
liberté, comme les clients du premier fournisseur d'accès,
dont les mails ne pouvaient passé un temps qu'être
échangés entre internautes passant par ce fournisseur.
Il s'agissait là d'un véritable tentative d'accaparation
du réseau grand public.
Pour changer
cet état de fait, il faudrait que les internautes puissent
comprendre ce qu'est le réseau auquel ils se connectent autrement
que par les explications de leurs fournisseurs. Dans une société
qui se voudrait dotée d'un futur numérique, c'est
évidemment aux politiques de remédier à cela.
L'école nous apprend par exemple à comprendre les
mécanismes du monde, et à savoir reconnaître
les charlatans qui viennent ensuite nous vendre du faux ou du miraculeux
: elle devrait faire la même chose pour ce qui est peut-être
le futur de notre société. Nouvelle jungle marquée
de l'empreinte du plus extrême des libéralismes, Internet
attend encore sa révolution laïque et humaniste.
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