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Et merde ! Ça
y est ! Les ricains ont gagné le Web...
Les plus gros sites mondiaux sont tous américains. Et quand
je dis "mondiaux", je ne pense pas qu'aux US et à
l'Europe. Même l'Asie, même l'Amérique du Sud
n'ont pas réussi à conserver leur identité
sur le Web.
A Taiwan, un site local, kimo tenait la première place. Pas
de bol, il vient de se faire racheter par Yahoo.
La France fait encore un peu illusion. Une exception culturelle,
dirons-nous... Mais pour combien de temps ? Wanadoo n'est pas prêt
de se faire racheter, mais Multimania, c'est fait ! Et partout ailleurs,
on ne trouve que des ricains.
D'accord, ce
sont eux qui ont inventé le Web. D'accord, ils ont de bons
ingénieurs sur la côte Ouest, et les meilleurs marketeux
sur la côte Est. D'accord, ils ont eu plus de temps que nous
pour mettre des millions de côté avant le crack boursier.
En maintenant, conformément à leur business plan,
ils partent à l'assaut du monde.
Et quand ils y vont, c'est "America first" ! Un exemple
qui m'a récemment énervé. Altavista.fr cherche
à se relancer en France. Et pour ça, ils ont besoin
de deux alliances. Une avec un site d'enchères, l'autre avec
un site de e-commerce. Alors que les leaders français sont
respectivement IBazar et la Fnac, ils choisissent bien évidemment
Ebay et Amazon qui commence leur implantation en France. Et là,
qu'est-ce qu'on peut faire ? Doit-on autoriser Amazon à livrer
pour 2 francs n'importe quelle commande en "collisimo suivi"
qui doit coûter aux alentours de 40 balles ? C'est pas ce
qu'on appelle du dumping ? A part boycotter, je ne vois pas bien
ce que l'on peut faire...
Contre de telles puissances financières, comment ne pas se
faire bouffer ?
Et la culture,
quelle place peut-elle conserver ? Quel est le but de toute activité
culturelle ? Créer, certainement, faire progresser la connaissance,
l'art, l'esprit humain... Tout ceci ne peut s'obtenir que par la
qualité, la sincérité. L'art ne doit pas transiger.
La véritable création est indépendante.
A ce point de la discussion (c'est plutôt un monologue car
vous ne vous êtes pas tellement manifestés, chers lecteurs
!), je vais vous poser une question : quel doit être le public
de la culture ? L'artiste, sa femme (ou son copain), son teckel
et son varan ? Ou un peu plus ? Ou beaucoup plus ? Où se situe la
limite ? Est-ce une preuve de génie de n'être compris
de personne ? C'est aussi une preuve de médiocrité...
Alors faut-il se donner les moyens d'être vu, ou au contraire
s'interdire tout compromis ? Entre élitisme et popularité,
il y a certainement une limite qui doit être fixée
individuellement. Ceci dit, je crains qu'en France, on ne la fixe
trop bas...
Là où
un ricain essaiera avant tout de développer son idée,
voire d'en faire un business, le franchouillard méprisera
ce travail ingrat. Le business n'est certainement pas le but à
rechercher, mais la démarche anglo-saxonne est très
souvent servie par un pragmatisme qui nous manque.
En France, on va préserver le patrimoine culturel en finançant
de coûteuses restaurations à fonds perdus. J'adore
les vieilles pierres, et rien ne m'horripile plus que de les voir
se dégrader lentement. Mais n'est-il pas utopique de les
maintenir sans leur trouver une utilité, sans chercher à
rentabiliser leur coût d'entretien ? Ne vaut-il mieux pas
parfois chercher une autre source de financement ?
Autre exemple, The Big One. Je ne sais pas comment son réalisateur
'est débrouillé, mais il a réussi à
faire diffuser très largement son film, sans paraître
se compromettre. En plus, je suis sûr qu'il s'est fait des
c... en or ! L'important n'est-il pas que son message soit passé
? Son propos militant aurait-il eu moindre intérêt
s'il n'avait pas été diffusé à grande
échelle ?
Il y a certainement
un équilibre à trouver. Sur Internet comme ailleurs,
culture et fric ne sont pas antinomiques. Il suffit de savoir lequel
est au service de l'autre....
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