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J'ai toujours eu le goût depuis ma prime enfance
Pour la chasse et l'affût, pour la traque et la peur
De l'animal qui fuit devant son prédateur :
J'adore massacrer les bêtes sans défense.

Mais j'ai été enfant et j'ai vu les disneys :
J'aimais Rox et Rouky, et bien sûr j'ai bondi
Quand Bambi étonné entendit le fusil
Je me mis à crier : bravo, on l'a tuée !

Quant à PanPan bien sûr, je me l'imaginais
En tartare, en civet, en gibier qu'on allume
Comme ses congénères à poil ou bien à plumes,
Braves petites bêtes qui font de bons pâtés !

De cette tendre enfance j'ai gardé l'esprit libre
Je suis un vrai chasseur accompli et fringant
J'ai l'attirail complet, le fusil et les gants
La Chasse mes amis est un vrai art de vivre.

J'aime dans la battue cette ambiance de foire
De fête permanente largement arrosée
C'est sûr question picole il faut pas nous chercher
La Chasse mes amis est un vrai art de boire.

Et quand on est bien pleins, il nous faut décharger
Nos plombs sur une cible ; la démence nous mène
Nous sommes plus sauvages qu'une meute de hyènes
La Chasse mes amis est un vrai art de tuer.

Quand au petit matin j'endosse ma parka
Quand j'excite les chiens pourqu'ils soient plus sauvages
Quand va venir le temps du meurtre et du carnage
Je deviens un autre homme en route vers les bois.

Au point de ralliement je vois les chiens qui bougent
Je rejoins la battue mon fusil sur le bras,
Je retrouve mes frères près de l'orée du bois,
Et pour se mettre en train, trois verres de vin rouge !

Nous parlons de victoires, de voitures, de mousmés,
Puis c'est le grand départ quand tout le monde est là
A travers les fourrés et les bosquets étroits
Notre ligne s'avance : la traque a débuté !

Nous marchons en criant aux autres de se taire,
Bruits de bottes, chiens hurlants et rires gras au mètre,
Dans cette forêt où nous sommes seuls maîtres
Nous irons débusquer le gibier qui se terre.

Mais elle est tôt finie la marche fatiguante
Car après la battue vient le temps de l'affût
Derrière un gros fourré bien posé sur son cul :
Attendre sans bouger le doigt sur la détente.

Hélas la chasse se termine et c'est la fin de tout,
De toute cette attente au sein du vert bocage.
Et toute la patience et tout ce camouflage,
Pour finir sous les balles d'un autre chasseur saoûl.

Sangliers et canards, palombes et levreaux,
Enfin je vous retrouve pour une éternité,
D'un seul coup de fusil j'ai gagné mon billet :
Paradis des chasseurs, repère d'animaux.

 
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