Vaisseau Fantôme Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 

C'est l'heure où s'endorment les désespérés. Epuisés, à bout de larmes, ils traînent notre humanité vers ses nuits les plus atroces. Fantômes de corps, morceaux de chairs, hurlant leur vie du fond de leurs yeux jaunes. Epaves roulant sur nos trottoirs, creusant sous nos pieds leurs chausse-trappes. C'est au détour d'une rue, au beau milieu d'un rêve de soleil, que l'on s'en va croiser Job et son frère, tordus par le malheur. Ce ne sont que des morceaux de bois, des figurines, poupées grotesques cachetées de cire, lambeaux de vie, barbes et ongles. Les couleurs de nos rues. Les musiques de nos villes.

Et soudain. Un éclat bleu. Ils accrochent leurs yeux aux nôtres, cherchant une amarre. Job plante son regard, il n'en pousse que de la honte, qu'un sanglot secret, du chiendent dans l'âme. Mais tentez de l'arracher, il laissera un gouffre sans fonds où s'engloutissent les esprits les plus vastes.

FXS
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