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"Je m'en veux d'avoir choisi l'ensemble violet au lieu de la robe rose. Je suis sûr que tu aurais aimé que je la porte pour toi, Jeremy"
"Ah, le voilà, le criminel ! J'espère que tu nous vois de là-haut, mon fils. Regarde, justice va être faite. Regarde, comme il a l'air en sale état. Il tremble, il a peur. Dans ses yeux, j'aperçois l'angoisse. Il comprend maintenant ce que le mot justice veut dire dans notre pays. Regarde, Jeremy, le shérif l'accompagne. Il va lui même s'assurer de la bonne exécution de cette charogne. Heureusement qu'il était là celui-là. Sans lui, peut-être qu'il n'aurait jamais été condamné. Si seulement tu pouvais être à mes côtés."
"Il m'a ôté ta vie, et beaucoup de la mienne. Depuis ta mort, je ne vis plus. Jeremy, regarde, tu vas être vengé. Mais moi, je resterai là, toute seule. Depuis l'annonce de son exécution, je ne dors plus, je ne respire même plus. Je suffoque de le savoir en vie. Je fais des cauchemars toutes les nuits. Je rêve de cette dernière heure, de cette dernière minute avec ce coup de fil fatal pouvant stopper nette la justice. Mais, cette fois-ci, il n'y aura pas de coup de fil de dernière minute. Cette fois-ci, j'en suis sûr, il mourra. Regarde, ses yeux n'arrêtent pas de faire des vas-et-vient entre la vitre et le téléphone. Il aimerait bien qu'il sonne. Et bien, non ! Il ne sonnera pas ce téléphone. Il ne sonne que pour les innocents. Et toi, voyou, tu es coupable, j'en suis sûr. Tu as tué mon fils, tu l'as avoué. Inutile de revenir sur tes déclarations, tu l'as avoué. Jeremy, ne t'inquiètes pas, tu seras vengé."
"Plus je le regarde plus je sens mon coeur battre. Je ne suis pas sûr de pouvoir tenir le coup jusqu'au bout. Il transpire de plus en plus. Moi, aussi. C'est étrange, je n'arrive pas à me contrôler. Ce n'est pourtant pas moi qui suis condamnée et la clim est parfaitement bien réglée. Je transpire tout le long de mon corps. Mes pieds battent le rythme, je me gratte nerveusement les mains ; vivement que cela soit terminé. Je n'en peux plus, Jeremy. Je ne veux plus le voir, ni même savoir qu'il a existé. Je ne veux penser qu'à toi, mon fils et oublier le mauvais sort pour reprendre une vie normale. Mais avant, il faut qu'il meure."
"Les aiguilles du médecin sont impressionnantes. Je crois que je ne vais pas tenir plus longtemps. Je vais fermer les yeux. L'image est trop forte, trop crue. Je sais Jeremy, je te fais honte. Mais, je ne supporte pas de le voir souffrir, même lui, ce tueur. Je suis devenue peut-être folle. Je me croyais plus forte. Je préfère le savoir mort que de le voir mourir. Les yeux fermés, je ne verrai pas, et j'entendrai la sentence de monsieur Bates. Laisse-moi fermer les yeux, Jeremy, je ne veux plus le voir."
"" Regarde, Jeremy, les battements de doigts de monsieur Bates sur le téléphone. Un tic sans doute face au tic-tac de l'horloge. Ce temps qui passe sans peine. Ce temps qui va emmener ce salaud dans l'oubli. Mais quel oubli ? Celui des médias sans doute, mais pour moi, il n'y en aura pas. Comment puis-je oublier ? Le voir mourir n'est qu'une faible récompense, devant la peine de ne plus t'avoir près de moi. Ecoute, Jeremy, le silence de la salle d'exécution. Ecoute, aucune sonnerie. Ecoute, Jeremy, écoute mes pensées. Pour Bates, ce n'est qu'une exécution parmi tant d'autres. Il doit être habitué à tuer, à organiser la mort. Quel homme ! Il faut en avoir du courage pour anéantir tant de vies pour l'équilibre d'une démocratie. Jeremy, je crois que le moment approche. Les respirations de l'assemblée se font plus pressantes. Je crois entendre les gestes lents de Bates qui se préparent à l'annoncer. Voilà, écoute, Jérémie, écoute.""
" Procédez"
"Je suis désolé, Jeremy. Je pleure. Je ne comprends pas pourquoi mais je pleure. Trop de stress, trop de morts, trop de bruit autour de ta mort. Trop sans doute pour faire le deuil de ton départ. Nous ne sommes pas fait pour mourir, Jeremy. Ni toi, ni moi, ni même lui. Je sais Jeremy, il doit mourir. Ca y est. I est mort. "
"Je suis sotte. J'ai eu l'autorisation de voir l'exécution et je dois être la seule à avoir fermé les yeux. Ne m'en veux pas, Jeremy, je ne voulais plus le voir. Voilà, tu entends, c'est fini. Il t'a rejoint. Je suis seule, maintenant, complétement seule. Qu'est-ce que je vais devenir. Je n'ai plus d'objectif, plus de but. Je ne vivais que pour sa mort. Ca y est, c'est fait. Quand je penses que je n'ai même pas mis la robe rose pour que tu m'avais offerte. Je m'en veux, Jeremy, je m'en veux..."
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