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Dans ce court
texte, nous voulons préciser les différents éléments
constitutifs des oeuvres hypertextuelles (OH) telles que nous les
concevons, pour inscrire dans un cadre général les
différentes réalisations que nous vous présentons
dans l'Atelier.
Une oeuvre hypertextuelle
est une collection de contributions, liées entre elles par
des liens hypertextes (au sens internet du terme). Les contributions
ont n'importe quelle forme affichable sur un écran, encore
une fois au sens internet du terme. Par exemple, les contributions
peuvent être du texte, des images , une vidéo, du son.
L'ensemble des contributions s'appelle le corpus. Par lien hypertexte,
on entend lien permettant de passer physiquement d'une contribution
à une autre, sans préjuger des aspects thématiques,
sémantiques ou formels qui lient l'ensemble des contributions
entre elles.
La navigation
dans le corpus n'est pas nécessairement linéaire,
ni juxtaposée: plusieurs contributions peuvent être
affichées en même temps. La navigation dans le corpus
dépend de la topologie des liens. L'établissement
de cette topologie associé à la construction du contenu
détermine l'approche de l'oeuvre, telle qu'elle est souhaitée
par l'auteur (ou par l'architecte pour les oeuvres collectives)
pour le lecteur. Cette étude topologique, liée à
une étude mathématique des graphes, ne nous concerne
pas dans un premier temps : nous nous bornons aux oeuvres hypertextuelles
dont le parcours n'est pas un élément déterminant
le contenu (autre que par la valeur formelle ou sémantique
des liens).
Le point d'entrée
de navigation dans le corpus n'est pas nécessairement unique.
Il peut l'être, ou bien il peut être déterminé
au hasard, ou bien il peut être n'importe quelle contribution
du corpus. Ce mode de définition du point d'entrée
est notre premier critère de classification. Nous distinguons
les OH à entrée unique des OH à entrée
indifférenciée.
Une OH peut
être le fruit du travail d'un ou plusieurs auteurs. Dans le
cas d'un travail collectif, on peut différencier les oeuvres
où chaque auteur apporte une et une seule contribution de
celles où le nombre de contributions est libre (ce choix
de répartition est plus une contrainte qu'un choix artistique).
Nous distinguerons seulement les OH personnelles des OH collectives.
Il nous semble
important de préciser que les contraintes que l'on peut imposer
lors de l'élaboration de l'hypertexte sont plus étendues
que les contraintes classiques littéraires. On retrouve en
effet tous les types de contraintes sur les contributions elles-même,
auxquelles il faut ajouter les contraintes portant sur les liens
et sur le corpus. Nous utiliserons largement les contraintes dans
nos essais, notamment pour les OH collectives pour lesquelles les
contraintes permettent d'établir un cadre minimal nécessaire
pour mener à bien un projet incluant de multiples personnes.
Le choix des
thèmes de l'OH peut porter sur l'ensemble du corpus (chaque
contribution suit le canevas minimal d'un thème général)
ou sur chacune des contributions. A la réflexion, le choix
de la portée du thème est intimement lié à
la nature collective ou non de l'OH et au but poursuivi. Nous distinguerons
de manière mécanique les OH ayant un thème
général et les OH ayant autant de thèmes différents
que de contributions.
Les contributions
peuvent avoir plusieurs formes. L'environnement multimédia
de nos équipements informatiques permet d'envisager toutes
les formes d'expression. Nous posons tout de même une limite
: nos contributions doivent pouvoir être diffusées
par Internet, ce qui restreint notamment l'utilisation de contributions
trop volumineuses (films, son, images) en terme de taille de fichier
informatique.
Les liens caractérisent
l'aspect hypertextuel de nos OH. La topologie des liens détermine
la navigation. L'établissement d'un lien relève de
deux mécaniques distinctes. Soit le lien est formel (exemple
: à la fin d'une contribution, suite numéro 1 ou suite
numéro 2), soit le lien est sémantique (exemple :
dans une contribution, un concept renvoie à une autre contribution
ayant ce concept pour thème). Nous distinguerons les OH à
liens formels des OH à liens sémantiques.
La répartition
des thèmes, la forme des contributions, la topologie des
liens relèvent d'un choix d'écriture, ou, pour ce
qui nous concernera le plus souvent, d'un choix de contraintes.
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