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| Près du Fleuve
on joue sur des tam-tam. La ville a mis ses parfums d'Orient. Une
femme danse nue. Sur un pont de fleurs, des hommes boivent des boissons
amères. Plus loin sur le quai, on danse encore, on chante des chansons
d'Amériques. Dans l'ombre, des hommes se pétrissent. Les rues vivent
leur vie de Babylone. Penchés sur l'eau, les visages des désespérés
cherchent leur désespoir. Des arcs électriques flottent en reflets
artificiels. C'est New-York qui nous envahit. Les cris, les râles,
les chants et les soupirs. La rumeur humaine mêle son chaos à l'infaçonnable.
Des yeux pleins de rêves dérivent sur la ville aux cinq continents.
On se noie dans les vapeurs du Dieu démembré. Des chiens lépreux poursuivent
des pigeons trop gras. Les maisons se cachent derrière l'humidité
d'une vigne. L'amour et la haine se ramassent au fond des caniveaux.
Par tous les trous possibles, on absorbe le vertige, on oublie, on
se trempe la cervelle au formol. Chaînes et bijoux, robes ou treillis,
brushings et cheveux verts. Voitures de luxe, chaussures éventrées,
argenterie et verres en carton, mitaines et gants de peau. Terrasses
sur la ville, bancs des jardins publics, caviar et saucisson, champagne
ou carré de vigne, cigare ou mégot. Tombe fleurie au Père Lachaise.
La nuit, près du cadavre d'un homme. |
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| FXS |
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