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| Amante des eaux,
je l'ai laissée au bord de la rive. Elle ne respirait plus, ayant
perdu son aurore, ayant perdu ses grelots. Rien que pour moi j'ai
gardé son dernier soupir, poussé voici plus de cinq ans dans l'éclaboussement
d'un matin d'été. Pour moi j'ai gardé la forme de son corps reposant
près de la rive et que la nuit mes doigts reconstituent. Petite inconnaissable
façonnée aux fibres de mon sang, lumière de soie posée sur mon ombre,
la nuit, sur le pont d'un bateau en partance pour Londres, perle rose,
diamant rare. Existe-t-elle seulement, a-t-elle seulement existé,
et ces cohortes de colombes invisibles, minuscules, échappées de son
corps la soulevant sans bruit, entre deux portes, entre deux ombres,
plus douce que la nuit, plus soyeuse que toutes mes drogues. Visiteuse
nocturne, elle entre sans crier ni gare ni rien, vague du vent derrière
la vague, elle vous embarque et vous délace, sans rien briser, de
ses mains sans poids, comme des rayons de soleil et rongées par mes
angoisses. Du bord de la rive elle est venue, incarnée dans son dernier
soupir, chantant son chant d'Orphée dont le regard me tue, combien
de fois ... Combien de fois mourrai-je pour ce regard ? |
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| FXS |
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