Le Spectre Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 

Pendant longtemps j'ai cru que
le masque d'or de tes yeux
saurait d'une chaire trompeuse
couvrir cette cage osseuse
où rêvait, et caverneuse
et sacrée, ma liberté.

Ta langue était un miroir
d'argent, chacun de nos soirs
lustrait chacun de nos seins.
Amour, secret des coussins,
de Narcisse le larcin,
le saule n'avait pour fierté

que l'oeil doré du reflet.

Pendant longtemps j'ai voulu
voir dans les pierres un refus,
celui de l'homme qui s'écroule,
celui des ponts qui s'écoulent
tout au long de l'onde saoûle.
D'eau, de pierre et de chair,

tes caresses tissaient d'un sable
fin l'armure lamentable.
Le Chevalier s'est épris
d'estime pour le mépris
de la volupté. L'esprit
des pierres a cru déserter

la carcasse du reflet.

 
NA
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