Lettre à l'enfant qui va naître Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 

C'est demain que tu vas naître
Et je ne sais quoi te dire,
Je t'attends...
Enfant blanc, enfant noir,
Enfant de mille saisons de mille guerres, de mille raisons.

Enfant,
Tu têteras à mon sein toute mon ignorance,
Ma foi en toi,
Mes inconstances,
Demain tu diras
Maman je pars,
Je pars, je pars.
Et moi, les mains vides
Je nourirrai d'amour ton départ.

Combien de fois vas-tu encore penser à moi?
Combien de choses je n'aurai su te dire?
Demain,
Seul sur ton chemin de ciment, sans forêts,
Entre les cages des animaux enfermés,
Tu nous conduiras vers d'autres planètes à polluer.

Enfant tu vas naître, et le monde en sera plus gai.
Et nous chanterons pour tes rêves,
Et nous emplirons tes bas et tes souliers,
De joujous, de grenades, de livres et de bombes.

Tes premiers pas rieurs et ton ventre gonflé de misère
Et mes cheveux qui tombent,
Et mes bras qui crient quand sur tes yeux se couchent
Les mouches avides de la famine.

Et tu iras à l'école et tu deviendras grand,
Oui un homme avec un futur brillant,
Oui une femme qui gratte la terre de ses dents,
Tu grandiras saine, forte et armée de projets
De projets pour déminer le verger, et les rizières, et les champs de blés.

Les arbres vacillent et les maisons surgissent,
Mais dans les déserts les femmes en tuniques noires gémissent,
Enfant, bébé, demain tu naîtras,
Le nouveau millénaire n'attend que toi.

 
BS
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