Le creux de vivre Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 

Elle est un point d'eau sur la ligne des oiseaux qui roulent, là-haut.
Le creux de vivre.

Elle nettoie les poussières de mots, serre le bébé de la misère contre
elle, le nourrit de son lait. Pour l'instant, elle ne peut rien
d'autre. Tapie au fond de la joie, une petite lumière qui bat, et qui
bat... Les lointains intérieurs.

La douleur change de main, entre en elle, est chez soi. Cachée là,
invisible, elle respire encore, ne sait plus quoi. Les nuages lépreux
et les attentes satellites. Mendiante aux diamants elle se
dilapide, s'élit reine des pas perdus. Les siens. En marche. Nourrie
de lumière sacrale, elle sent la plaie du monde où pénètre le soleil, à
la brûler.

Elle pose la main sur son visage. Se cache. Ne veut pas qu'ils la reconnaissent, surtout pas. Elle les rend invisibles en son intérieur
doux.

Et quand elle écrit à la nuit versée dans le jour, les nuages se
taisent. D'un mouvement répandu elle se moque de la terre qui
s'éloigne. Elle est, ce point d'eau sur l'horizon qui grandit dans
l'espace.
Et là-bas, loin, les rues aimées emportent le creux de vivre.
D'autres passants, des centaines d'inconnus après elle, auront
eu raison de ses couleurs invincibles.
Demeurent les autres, qui inondent le hasard.

 
MDS
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