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Ville
femme aux hanches épaisses
Au sillon de tes quais ruisselants
Autour des ponts chancelants
Je chante l'eau qui te traverse
Ville
femme aux seins d'or
Pleins d'un peuple bruyant
Quartiers échappatoires et brûlants
Quartiers d'ennui où l'on dort
Plus enceinte
de rues que de murs
Ville enfant que l'on attache
Ville mine où l'on arrache
Au coeur des pierres ton azur
Ville
maîtresse au parfum lourd
De baisers d'ange sur tes ponts
D'amours à ventre dans tes bas-fonds
D'éternité ou bien d'un jour
Ville
enfant boudeuse et lente
Arqueboutée sur un caprice
Innocente et séductrice
Sous tes parures insolentes
L'histoire
suinte de ton corps
Comme une humeur qui me transporte
Je bois tes fenêtres et tes portes
Et ton odeur d'alcool trop fort
Ville,
ma ville, sous ton emprise
J'ai marché comme saoul le
long des boulevards
Les bras le long du corps je portais en sautoir
Mon coeur halluciné d'une douleur exquise.
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