LE VOILE DECHIRANT Retour à la page précédente Retour au sommaire de KaFkaïens Magazine
 

Tous les Noëls de mon pays
Ont le goût perdu de l'enfance
Plus que de neige, de ciels immenses
Le goût de tout ce que j'ai fui.
Les soirs brumeux noirs à peau blanche
Blottis au fond d'un siège froid
Tous au berceau de l'enfant-roi
Nous étions forts comme des anges
L'esprit de ces Noëls perdus
Pourquoi ces douleurs interdites
Tu ne maudiras point maudite
L'âme du père qui te fit nue
Qui te chauffa qui te nourrit
Puis te lança dans les jours vides
Loin du secours des nuits livides
Loin du bonheur que tu reconnais
Maintenant Loin de la douce fatigue
Loin des marches dans la neige
Les soirs de fête, au crépuscule qui faisait silence
Les bras gris du soir qui te berçaient, du bout des doigts
Qui te poussaient vers le feu
Vers la chaleur, la douceur, les bras la voix l'odeur rassurante
De celui que tu maudis
Et à qui tu ne cesses d'impardonner cette tristesse
Cette langueur de la vie qu'il connaissait pourtant
Cette cruauté de grandir de tout quitter de tout reconstruire Sans autre espoir que d'oublier sans espoir d'oublier
Et qui t'a tout légué pourtant, qui t'a appelé
A prendre à ton tour ce malheur
Avec quelle idée, Bon Dieu, quel espoir,
Que toi peut-être tu serais bâti pour le bonheur
Dressé entraîné à ne pas perdre, une fois lancé,
La douce chaleur du feu les parfums les voix fortes
Les piliers des joies de l'enfance ?
Mais tout est aboli, s'abolit
Tout s'avilit Ne le savait-il pas
Bon Dieu ne le savait-il pas
Lancé ainsi dans tout ce vide
Avec ce mot cette loi
Surtout ne tombe pas !
Ne t'arrête pas de voler, jamais
Sinon c'est la fin, le malheur sur moi
Surtout ne tombe pas !
Quand le dernier bonheur est dans la chute.

 
FXS
Oh Oui ! vos réactions Ah Non !
Voir les autres textes de cet auteur - Envoyer ce texte à un ami
KaFkaïens Magazine - Tous droits réservés