Corail et autres
 
Corail
 

Tu es marine
Comme le goémon au goût de sel
Ton corail découvert
La vague trouble où je me perds

Tu es flamme
Comme tes cuisses de Soleil
Le feu roulant sous ma main
La chaleur arrondie

Tu es un souffle
Zéphir chaud de ta bouche
Les voiles envolés
Alizés moites

Tu es montagne
Vallées au soleil, les blés tendres
Courbés doucement,
Infiniment bons.

 

S.

 

 
Hendaye
 

Mer lascive affichant sur le sable lassé
L’impudeur ruisselante de varechs ambigus
Toison marine étale aux parfums soutenus
De coquilles ouvertes et d’algues colorées.

Vagues étranges poussées par cette mer puissante
Venant fleurir en vain à l’ombre de ces terres
Entre les sables bruns, les montagnes sévères
Et les sombres courants d’une rivière errante.

Vents salins qui tournez sur ces collines vertes
Portant loin les odeurs des dunes éphémères
Où la houle fait naître une écume légère,

Vents salins qui forcez ces collines ouvertes
En lambeaux froids et gris, humides et grisants
Drapez-vous sur ma tête en fragile turban.

 

S.

 

 
Apnée
 

Sous ma main en étrave remontant ta rivière,
S’effacent en douceurs les ultimes frontières,
Ton delta broussailleux aux effluves salins
S’ouvre en ruisselant comme le flot marin.

Flirtant dans les embruns, mon index s’emboucane,
De ton sombre coq noir fait jaillir les arcanes,
Sous l’assouvissement de mon doigt fureteur,
Qui se perd aux abords du rivage antérieur.

Entre la mer profonde et les rives nacrées,
Je navigue à rebours de la langue et du nez,
En apnée prolongée plongeant vers les abîmes,

J’investis et la mer et le lac dentelé,
En crabe consciencieux je subis les marées,
Ton plaisir galopant est mon trésor sublime.

 

S.

 
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