L'Arbre
 

Dans un arbre j'ai découvert
La pâle dépouille de l'amour nu
Allongée morte sous le bois vert
Une bite sanglante dans le cul

A côté d'elle gisait le corps
De son grand cheval fou sans gland
Sanglé dans un vieux justaucorps
Du marquis Charles Cornusanglant

On l'appelait l'arbre aux ivresses
Je l'ai toujours connu fleuri
Dessous ses branches pendent traîtresses
De belles pines en forme de fruit

L'animal en avait mangé
Un tout entier sans les noyaux
Puis la sienne est allé cacher
Dans l'amour jusques aux boyaux

Il cherchait la petite mort
La grande le trouva avant
Laissant le laboureur dehors
La belle garda l'outil dedans

De dents qu'elle avait fort aiguës
Elle se servit comme d'un tranchoir
Courbant la tête jusqu'à son cul
Elle eunuqua son cheval noir

Mort sous les branches de l'arbre à bites
Le cheval fou y a laissé
L'énorme sceptre de son titre
De président des Youessés

Arbre des sages ! combien d'amour
Combien de cœurs t'a-t'on greffé
Qui sont venus mourir un jour
Brûlant leur feu à ton bûcher

Le maître Charles Cornusanglant
Fit empailler son animal
Foudroyé là d'un coup de dents
En découvrant l'amour anal

Quant à l'amour comme tous les anges
Il s'envola en Paradis
Et moi descendu de ma branche
J'ai conservé le sombre vit.

 
FXS
 
Oh Oui ! vos réactions Ah Non !
Voir les autres textes de cet auteur - Envoyer ce texte à un ami
KaFkaïens Magazine - Tous droits réservés