Jeanne d'Arc
 

C'était le 6 juillet, le jour de la fête à Faubert. J'avais 15 ans depuis deux jours. La maison était en effervescence. Nous attendions toute la famille pour le bal du soir, ceux de Chailly, d'Attèles, d'Etaguette, et l'oncle Albert et la tante Marie qui venaient de la ville. Depuis 6 heures du matin, ma mère était aux fourneaux, épluchant les légumes, préparant les pâtés et les rôtis. Mes soeurs s'activaient au ménage, frottant le carrelage en briques rouges, aérant les chambres, retournant les matelas. Nous étions à la table du petit déjeuner, mes frères et moi. Soudain, mon père avait frappé à la fenêtre de la cuisine et avait fait signe à Jean-Christophe, notre aîné. Je les avais vus s'entretenir dans la cour. Jean-Christophe m'avait regardé plusieurs fois avec un gros sourire. Pour finir, mon père lui avait donné quelque chose qu'il avait enfourné dans sa poche.

Nous devions emmener les bêtes au pré du moulin. Je courus chercher Arnaud, le fils de l'épicier. Nous étions nés le même jour, et nous avions passé toute notre enfance ensemble. Arnaud était très maigre pour un fils d'épicier, froussard de nature, ce qui nous valait des disputes régulières dès qu'il s'agissait de braver un interdit. Je n'étais guère plus courageux, mais les railleries de Jean-Christophe agissaient sur moi comme autant de coups de pied au cul.
Rassembler les bêtes en pâturage derrière la maison, faire le trajet jusqu'au moulin, tout cela nous prit presque une heure. Jean-Christophe était très excité. Il tapait dans ses mains, riait, nous lançait des " c'est votre jour, les gamins !", " Aujourd'hui c'est pour vous ! " Il refusait d'en dire plus. A nos questions, il répondait par des Ahah !, des clins d'oeil mystérieux et d'autres rires. Quant à moi, je commençais à comprendre. Derrière le pré au moulin, juste après le petit bois, se trouvait la maison de Rosa. Et j'avais vu mon père donner de l'argent à Jean-Christophe. Oui. C'était sûrement de l'argent. Depuis 20 ans qu'elle était installée à Faubert, Rosa avait dépucelé tous les garçons du village. Et quelques filles aussi, à ce qu'on racontait. C'est mon père lui-même qui avait lancé la tradition avec la bande de jeunes d'alors. Pour l'enterrement de sa vie de garçon. Rosa était à cette époque une toute jeune veuve de 18 ans. Elle ne connaissait pas d'autre métier. Et comme on dit, n'est-ce pas, il faut bien vivre.

Elle était arrivée au village deux ans auparavant dans les bagages de Pierre Marcal. Une légende à lui tout seul, Marcal. L'un des rares à avoir quitté le village, à n'avoir pas repris l'exploitation ou le magasin familial. Il était parti pour la capitale comme inspecteur à la brigade des moeurs. Ses retours en permission étaient des événements considérables, avec sa façon de se diriger droit vers le café, de s'installer à la table du fond et de poser son revolver sans un mot. Alors, les hommes se rassemblaient, on lui offrait à boire. Et puis il se mettait à raconter.

Les séances se poursuivaient jusque tard dans la nuit, jusqu'à ce que les femmes, lasses d'attendre, aillent chercher le curé. Celui-ci déboulait dans le café grondant et jurant comme un bataillon de démons, et renvoyait tout le monde chez soi. Mais la fois où Marcal avait ramené Rosa, la veillée traditionnelle n'avait pas eu lieu. Au cours d'une rafle, il avait ramassé plusieurs mauvaises blessures, dans les jambes, à l'épaule et surtout au poumon droit. On n'avait pas réussi à extraire la balle. Il avait également ramassé Rosa, une jeune noire de 16 ans à peine travaillant pour le mac le plus puissant de Paris et auréolée d'une étrange réputation : plusieurs de ses clients prétendaient, avec un certain orgueil, avoir réussi à la faire voler. Mais voler vraiment, sans figure de style, elle avait décollé lentement, lâchant tous ses appuis au sol. Elle s'était enlevée dans les airs, jusqu'à 3 ou 4 mètres disaient les plus fanfarons au mépris de la hauteur moyenne d'une chambre de bonne, en une sorte de … oui … de lévitation. Qualité extraordinaire, extraordinairement lucrative, et on s'expliquait mieux que pour la conserver, son employeur se soit tant battu, jusqu'à tuer un flic, ou tout comme, car Pierre Marcal était en sursis. Etant totalement invalide, son seul souhait en quittant la police avait été qu'on libérât Rosa et qu'on voulût bien qu'elle lui servit désormais de garde-malade. De retour à Faubert, il s'était installé chez ses parents qui, eu égard à son état, bravèrent le scandale en acceptant d'héberger une négresse. Pierre dût subir plusieurs interventions, toutes sans succès, toutes précipitant un peu plus sa fin. Lorsqu'il comprit qu'il était condamné, il épousa Rosa en secret par une nuit de janvier. Avant la fin de la semaine, il était mort.

Les parents Marcal la chassèrent immédiatement de chez eux. Comme elle n'avait aucune ressource, aucun métier et qu'elle était désormais leur bru, ils lui laissèrent cette cabane de bois qu'ils avaient construite dans leur jeune âge, derrière le moulin, pour y abriter leurs ébats loin de leurs 3 fils. La jeune femme s'y installa. Bientôt, poussée par la faim, incapable d'ailleurs de cultiver ou d'élever quoi que ce soit, elle reprit son ancien métier.

L'un de ses premiers clients fut le curé. La réputation de Rosa l'avait suivi et à Faubert, on l'accusait de tous les maux, le gel tardif, la mort d'une bête ou d'un enfant, le plafond de l'église qui s'écaillait. On ne sait qui prononça le premier le mot de sorcière, mais il se répandit en un éclair. C'était une première, dans ce paisible village d'agriculteur, comme le confirmèrent les archives cléricales. On fit venir un exorciste. On voulut organiser une procession, mais les femmes refusèrent d'y envoyer leurs enfants, par peur du mauvais exemple, non plus que leurs maris, par peur de … et bien disons de leurs maris. Finalement, seuls le curé et l'exorciste s'y rendirent. Ils se présentèrent deux heures plus tard à la population assemblée à l'église, et déclarèrent, le visage béat, qu'il n'y avait là nulle sorcellerie, nul démon d'aucune sorte, mais bien plutôt un ange, un ange tout noir muni d'ailes invisibles qui d'un seul battement vous enlevaient au paradis. Ce fut un tollé. On sentit s'abattre sur Faubert la main de Satan. Quelques semaines plus tard, le curé quittait les ordres et le village. On ne le revit plus.

Quant à Rosa, elle continua d'alimenter les conversations. Les femmes s'en scandalisaient quotidiennement. " Si c'est pas malheureux, disaient-elles, une sorcière, à Faubert ! Jésus Marie, ayez pitié de nous ! Sûrement, quelqu'un a du faire quelque chose, quelque chose de vraiment affreux, pour qu'on mérite ça ! " C'est ainsi que naquit la légende du crime de Faubert. Quel crime, qui l'avait commis, nul ne le savait. Les hypothèses les plus fantaisistes couraient à ce sujet. Que quelqu'un vînt à subir la malveillance publique, aussitôt les soupçons se portaient sur sa famille. On lui découvrait un oncle fou, un grand-père ayant mystérieusement disparu 30 ans auparavant, un héritage suspect ou des accointances avec l'ennemi pendant la guerre - Faubert avait été occupé pendant 72 heures par six soldats allemands ayant perdu leur régiment dans la forêt des Ardennes - Peu à peu, les hommes se turent. Les plus audacieux échangeaient parfois un coup d'oeil complice dans le dos de leurs épouses, qui se retournaient en les apostrophant : " Et toi, bien sûr, tu ne dis rien ! Mon vieux, mais c'est qu'elle t'aurait ensorcellé toi aussi, comme le curé ! Jésus Marie ! " " Pou' sûr, c'est pas convenable, ce qu'elle fait là " répondaient aussitôt les maris. En ajoutant : " C'est pourtant bien du malheur qu'elle a eu, la pauvre petite, depuis qu'elle est née. "
Ainsi vivait Rosa, sous l'opprobre des femmes et la protection embarrassée des hommes. Aux moins de 15 ans, on n'en parlait qu'à mots couverts. Et puis, un beau jour, les garçons recevaient leur initiation. Pour Arnaud et moi, ce devait être un 6 juillet, sur le coup des 10 heures.

Un horaire plutôt curieux pour ces affaires-là, fit remarquer Rosa, mais le travail des champs n'attendait pas. Mon père nous avait accordé une heure, que qui est déjà beaucoup et pour un agriculteur et pour une première fois, tout le monde vous le dira. La maison de Rosa était entourée de fleurs de toutes sortes, la seule chose dont elle sût s'occuper en dehors des hommes. Des jacinthes, des lys, des iris, des glaïeuls. Des roses à profusion, bien sûr, des rosiers grimpants, des buissons, d'énormes roses pourpres et blanches qui se balançaient au bout de tiges cloutées d'épines grosses comme l'ongle. A l'intérieur, le confort était rustique : des meubles fabriqués par les paysans de la région, des tapis en peau de vaches, et une foule grouillante de statuettes, de vases, de cendriers en terre et de bibelots, traces des légions d'hommes qui avaient traversé les trois pièces. La maison ressemblait à un musée de l'artisanat local ou au temple d'un dieu païen couvert d'offrandes. Sur une étagère, je trouvai deux figurines de bois, un homme fumant la pipe et une femme en fichu, les mains dans son tablier, répliques exactes de celles que mon père nous avait offertes à Noël lorsque nous étions plus jeunes.

Jean-Christophe parlait avec Rosa en tortillant sa casquette dans ses grosses mains. Il avait perdu de sa gouaille : " Voilà, Rosa, c'est pour les deux gamins. Ils ont eu 15 ans jeudi, alors le père m'a dit comme ça : " fiston, tu vas aller chez la petite femme aujourd'hui, tu lui remettras bien le bonjour et mon souvenir, tu lui donneras l'argent et tu attendras dans le salon ". J'ai l'argent là, regarde, alors ils sont à toi. Je peux attendre dans le fauteuil ? " Rosa nous jaugeait comme un marchant de bestiaux à la foire. Elle trouva Arnaud trop maigre et pour moi, elle se contenta d'un sourire. Puis elle frappa dans ses mains : " Bien. On va commencer par le petit ".
Nous n'en menions pas large, mais quand Arnaud s'entendit désigner, il y eut un éclair de pure terreur dans ses yeux. Il blanchit, trembla, bredouilla qu'il ne se sentait pas bien. Alors, Rosa le prit par la main. Il n'osa pas refuser. Ils entrèrent dans la chambre, laissant la porte grande ouverte.

C'était un sacré morceau de femme que cette Rosa. Noire comme la nuit, avec des yeux et des dents comme des reflets d'eau pure, les ongles laiteux et une voix roucoulante, un rire qui tombait en cascade brassant dans sa gorge des éclats de cristal. Elle avait presque l'âge de ma mère, et conservait par dessus je ne sais quelle jeunesse qui donnait envie de la taquiner. Elle déshabilla mon camarade comme si elle jouait à la poupée. Je l'avait déjà vu nu, souvent, pendant l'été, nous barbotions dans la rivière avant de nous sécher au soleil, mais c'était la première fois que je le voyais ainsi devant une femme. Son corps blanc constellé de taches de rousseur frissonnait comme s'il avait la fièvre. Il mit les mains sur son bas-ventre moins, me sembla-t-il, dans un geste de pudeur que de protection. Et puis Rosa commença d'enlever ses vêtements.

Ma connaissance des femmes nues se limitait à mes soeurs prépubères et à quelques croquis de traités de médecine qui circulaient à l'école. Je n'étais somme toute pas du tout préparé au choc sensuel que me causa la vue du corps de Rosa. Ce fut une révélation de l'harmonie, une perfection des proportions dans 1 mètre 45 de femme, des jambes fuselées tenant aux pieds comme par miracle, le sillon des fesses qui en soulignait la courbe, l'arrondi du ventre plongent vers le pubis où poussait une toison courte et crépue. Et des seins dont je ne parvenais pas à détacher mes yeux, hauts, fermes, pleins d'arrogance, les tétons plantés comme des clous au milieu des aréoles qui se fondaient dans le noir de la peau avec la douceur du vent d'été. Les vêtements glissaient sur elle, l'un après l'autre, soie sur soie, avec des caresses d'amant.

Elle poussa Arnaud vers le lit. Elle lui murmurait des mots que je n'entendais pas, posait la main dans ses cheveux roux, flattait ses épaules, le creux de sa poitrine, comme on fait pour calmer un animal. Elle le fit allonger doucement, la tête près du mur, les jambes pendant au dehors et se pencha sur lui. On n'entendait plus qu'un lent bruit de succion et le lit que les tremblements d'Arnaud faisaient grincer. Il gardait la tête à demi levée, posant sur Rosa un regard affolé. Soudain, il s'empourpra. J'entendis Rosa dire : " C'est bien, mon garçon. N'aies pas peur. Tu vois, c'est facile ". Près de moi, mon frère soufflait comme un boeuf. Elle se tourna vers lui et l'appela. " Jean-Christophe, viens là mon grand. Viens m'aider. Comme ça, expliqua-t-elle à Arnaud, tu ne seras pas seul ".
En un instant, Jean-Christophe eut arraché ses vêtements. Je regardais avec étonnement son sexe dressé, vibrant d'impatience. Lui ne voyait plus rien que les fesses rebondies de Rosa. Arnaud s'était allongé complètement, bandant timidement malgré ses rougeurs et Rosa, passant une jambe de part et d'autre, le fit lentement glisser en elle. Jean-Christophe prit position derrière elle, tout comme un chien et, d'un seul coup de rein, il s'enfonça entre les deux globes de chair.

S'ensuivit une danse étrange, Arnaud presque immobile, les mains accrochées au creux des reins de Rosa, les yeux mi-clos, implorant, s'oubliant, son corps bougeant d'instinct mais, placé comme il l'était sous l'édifice, ne parvenant qu'à remuer les jambes qui se soulevaient en tremblements spasmodiques et, sur lui, Rosa dansant la danse du ventre, les yeux s'oubliant, ouverts, mi-clos, puis vitreux enfin, paupières baissées, les lèvres s'écartant pour livrer un râle, un souffle gémissant comme issu du fond de sa gorge, de sa poitrine, de ses reins. Surmontant le tout, le corps vigoureux de Jean-Christophe y allait bon train, travaillait pour trois, imprimait à l'ensemble les nécessaires mouvements de piston, un, deux, un, deux, et secouait son monde. Et puis soudain, Rosa, paupières serrées, lèvres serrées, tout son visage se rentrant au dedans dans un repli voluptueux, centimètre par centimètre, commença de s'élever.

Les yeux d'Arnaud s'ouvrirent de nouveau, s'agrandirent, s'écarquillèrent. Je vis ses mains blanchir comme il s'accrochait à Rosa, celle-ci passant ses bras autour de lui pour l'entraîner dans son ascension. Seul Jean-Christophe restait en appui sur le lit, d'abord à genoux, puis sur ses pieds, se redressant enfin sans interrompre ses ahans, percutant les fesses rondes de Rosa toujours un peu plus fort, comme s'il cherchait à enfoncer un mur. Arnaud était tout à fait effrayé maintenant, les yeux exorbités. Il avait passé ses jambes autour des reins de Jean-Christophe tandis que son bassin, recouvrant sa liberté, courait comme un ressort affolé. Il ahanait, Rosa ahanait, Jean-Christophe percutait toujours. Alors Arnaud eut un regard de pure panique, ouvrit la bouche, lança un cri bref, suraigu. Tout son corps se tétanisa, un instant figé comme une statue, accroché tel un jeune singe au ventre de la petite femme. Il perdit connaissance.

Corps relâché, bras ballants, jambes pendantes, le sexe sorti de sa tanière reposant sur sa cuisse, blanc et mou comme un ver de bois, il se laissait aller tête renversée entre les bras de Rosa qui flottait à 50 bons centimètres au dessus du matelas. On eût dit la Piéta de l'église de Faubert, Jésus enlevé par Lucifer, une descente de croix apollinarienne, un tableau vivant, scandaleux et sacré, qui me perça au coeur comme une aiguille de glace. Et puis Rosa lâcha sa prise, Jean-Christophe termina son ouvrage en trois coups de boutoir, Arnaud retomba lourdement sur le lit. Le corps noir de Rosa l'y suivi doucement, se posant sur sa peau blanche comme une ombre tandis que Jean-Christophe, à bout de souffle, s'affalait contre le mur.
Comme Arnaud ne se réveillait pas, je sus que j'avais laissé passer mon tour. Rosa s'activait autour de lui. Elle l'avait couvert d'un tissu aux couleurs vives et lui tamponnait le visage avec un mouchoir humide. Enfin, il ouvrit les yeux. Il appela sa mère d'une voix faible puis, s'enroulant dans le tissu, sanglota. Mon frère avait remis ses vêtements. Nous aidâmes Arnaud à se rhabiller. Jean-Christophe paya Rosa qui m'envoya une bourrade dans les côtes : " Faudra revenir, petit. Pour aujourd'hui, c'est fini ! " Elle éclata de rire et je me sentis mieux. Rosa, il n'y avait pas que les corps qu'elle faisait s'envoler. Sur le chemin du retour, nous plaisantâmes Arnaud qui marchait appuyé au bras de mon frère. Le soleil était haut, l'été de la campagne reprenait ses droits. Il y avait le champ du taillis à faner avant 5 heures. Il y avait le bal du soir. Nous passâmes boire le café à la maison. Mon père nous faisait des clins d'oeil obscènes et envoyait de grandes claques dans le dos de son aîné. Aucun de nous trois n'a jamais raconté ce qui s'était vraiment passé ce matin-là.

Quelques jours plus tard, Arnaud m'annonça qu'il entrerait au séminaire l'année suivante, et je rencontrai Amélie qui deviendrait ma femme 6 ans plus tard. A 21 ans, une semaine avant nos noces, dans le vieux moulin branlant duquel on apercevait la maison de Rosa, elle me dépucela. Elle n'en sut jamais rien. Ce n'est qu'aujourd'hui, depuis toutes ces années où je suis veuf, que je me décide à rétablir la vérité.
Quant à Arnaud, après un parcours médiocre aux séminaires grands et petits, il se fit ordonner. Il récupéra notre paroisse quelques années plus tard et, durant tout le temps qu'il resta, je fus bien le seul homme de Faubert à ne pas avoir connu l'amour dans les bras de la petite femme.

 
FXS
 
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