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A peine réveillé, je vois la
guillotine
Qui surplombe mon lit. Je vais à la cuisine
Boire un délicieux bol de lait-barbituriques
Tranquillement assis dans ma chaise électrique.
Une cord' de potence en guise
de collier,
Un bracelet de lam' de rasoir au poignet,
Un bidon d'arsenic pendu à ma ceinture,
Et une cartouchièr' de bâtons de cyanure,
Je descends à la ferm' soigner mon élevage
De rats pestiférés, de scorpions en bas âge.
Puis ma fidèle Aethuse, une chienne
enragée,
M'accompagne en jappant au jardin potager.
J'arrose ma ciguë et mon champ d'amanites
Assis sur un caisson fumant de dynamite.
Midi : repas copieux et bain dans l'eau qui caille.
Après-midi tranquille : une siest' sur les rails.
Le soir, en revenant, je me gratte
la tête
Du bout du canon de mon 357.
Et avant de dormir, comme il fait un peu froid,
Sur du 220 volts je me branche les doigts.
Et si je mourrais demain?
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