Nouvelle à suivre...
 
Pour lire les chapitres précédents, reportez-vous au sommaire de la nouvelle...
 
 
Ronaff et Varland se rendirent au zoo. Allée à droite, petits escaliers de bois, petit chemin en pente et: aaah, Les Eléphants. Gros mastodontes un peu patauds, l'éléphant et l'éléphante se guiliguiliaient le derrière à l'aide de leurs longues trompes un peu velues (surtout la femelle). Ils avaient l'air de bien rigoler; les éléphants, pas les deux condés plantés là, devant, à les regarder. "C'est quand même pas à cause de ces grosses bestioles que les cinq ont trinqués!", murmura Ronaff. Cinq minutes, debout, à observer les animaux, et pas un mot.

Qu'est-ce qu'on fout là?, miaula Varland impatient.

Ta gueule, répondit Ronaff, avalant goulûment le glaviot épais qu'il venait de décrocher en se raclant la gorge. C'est à ce moment qu'il aperçut un individu descendre l'allée qui menait aux éléphants.

Vite, on se planque.

Ronaff tira Varland par le col. Ils se dissimulèrent derrière un buisson.

Jean-Michel se planta devant les éléphants et attendit. Il jetait quelques coups d'oeil de droite à gauche, méfiant. Il lança quelques cacahuètes. Les éléphants approchèrent. Il continuait de leur donner à manger (un poudre verte qu'il venait de sortir de sa poche intérieure). Mr et Mme Eléphant se régalaient.

Au bout de quelques minutes (cinq peut-être, mais on n'est pas sûr), l'éléphant et l'éléphante se regardèrent, reculèrent de quelques pas, levèrent la queue, et là: ils déversèrent un flot particulièrement impressionnant de fiente roussâtre. Ronaff lui-même s'en émerveilla. L'éléphant leva alors la trompe et poussa un gémissement. Tout était fini. Les deux pachydermes allèrent se reposer dans leur petite grotte aménagée à cet effet.
Varland dit: "Nom de dieu, qu'est ce qu'y zont bouffé pour en arriver là?". Ronaff méditait. C'est alors que le mystérieux individu franchit le parapet délimitant l'enclos des éléphants. Un regard à droite, un regard à gauche, puis il avança vers le monticule constitué par les deux grosses bêtes au prix d'un effort prodigieux (le cri du mâle au terme de la coulée en témoigne). Il se mit à genoux, releva ses manches, mit des gants de vaisselle jaunes. Il plongea les mains dans le corps mimoumimarron: il palpa, retourna, malaxa, éparpilla, touilla, mélangea, renifla même. Puis il se releva, enleva ses gants, les glissa dans une poche en plastique bionondégradable et sortit de l'enclos. "Attends-moi là."

Ronaff sortit de sa cachette et suivit l'individu. Se tenant à quelques vingt mètres derrière lui, ils remontèrent l'allée. Arrivé en haut, Ronaff cracha: "Merde, il est où?" Il courut vers la droite, vers la gauche, fit le tour du zoo. "Merde, je l'ai paumé." Varland l'avait rejoint.

"Il est bizarre ce type. On aurait dû l'alpaguer direct.

Ah ouais? répondit Ronaff.

Bah, il a l'air louche. A deux, en sautant dessus, on était sûr de l'avoir.

Ah ouais?

Bah ouais.

Et on l'aurait inculpé pour touillage de merde d'éléphant?

...

Tu sais Varland...(pause)

Quoi?

(pause) des fois t'es con."

Il se mit à pleuvoir, une pluie noire qui vous rétracte les os verts. Il était 14 heures. Ils n'avaient pas dormi depuis plus de trente heures. "On n'apprendra rien de neuf aujourd'hui. Il vaut mieux se reposer.

Tchiââô Varland. Je t'appelle demain à 6 heures pétantes." Il donna une petite tape amicale sur l'épaule de son équipier (qui lui décrocha la clavicule).
Ronaff se voyait déjà empalé dans son fauteuil à regarder un bon film, sirotant un bon whisky. Varland se voyait se déchaîner sur Arkanoïd.

Non loin de là, Larick avait assisté à toute la scène...

 
A suivre...
 
Oh Oui ! vos réactions Ah Non !
Voir les autres textes de cet auteur - Envoyer ce texte à un ami
KaFkaïens Magazine - Tous droits réservés