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J-F fut lésé. «Clownosse, maigre couillon», mais
tout cela pour rire: qui pouvait en vouloir à Nicolas (dit «France Culture»)?; à Laura la brune éhontée...?
Nous n'en sommes pas là; mais le verdict tombe forcément, lorsque l'on ose peiner le coeur de la tribu.
Laura se détrompe peu à peu; ça y est. Elle en a discuté au téléphone avec Raoul (lui doit bien connaître
J-F le mystérieux, le garçon qui parle si peu). La censure pour leur séjour de cet été là, à L. :
une naïveté, un petit souci du retour.
Au téléphone, cette nuit-là, ils ont ri de sa méprise : "Quoi, tout le monde est au courant ?!",
elle qui pensait aventure, son exotisme, sa chaleur au bord de la piscine ; voilà J-F désemparé et
amoureux, à ses dires. De retour à Paris, tout doit disparaître, Nicolas ne doit rien savoir ; mais
qui donc sait ce qu'il s'est passé ? Tout le monde, ma grande - la tribu, toute la clique à J-F !
Trois semaines avant cette conversation d'une chambre de bonne à une autre, bien installés dans leurs
divans, il y avait eu visite chez Irène & Dominique. Ces jours-là, Raoul parcourait sans cesse,
dans un sens et dans l'autre, la ligne 2 du métro; il marqua cette fois un arrêt à Barbès, et monta
les vieux escaliers en bois, rue des Islettes, au fond de la cour humide. Chez les deux jeunes filles,
un long couloir vide, au bout duquel, à gauche, se trouve le petit salon, la chambre d'Irène. Les
mots doivent alors porter sur J-F; aux regards qui se croisent il faut savoir apposer des propos.
Un simple bonjour ne suffirait pas: il se noue entre ces personnages une suite de coeurs-à-coeurs
et de corps-à-corps, qu'il faut dompter. Ceux qui veulent qu'il en soit ainsi mélangent-ils vraiment
les cartes? Et parmi les pions actifs de la farandole, qui se tiennent la main et changent leur place
au gré de la danse, y a-t-il quelqu'un pour désirer mener le pas? L'apathie des bouches.
"- A chaque fois que je passe en métro par ici, je fais gaffe de repérer la fenêtre; des fois
elle est allumée, mais je ne suis pas sûr que ce soit celle de votre appart !...
- On la voit du métro? Je ne m'étais même pas rendue compte !, s'étonne Irène.
- Mais si, Irène, tu vois pas?, lui montre Dominique. (Elle a gardé la froideur, mais avec des sourires
doux maintenant).
- Non, d'accord, on voit le métro d'ici, nous explique Irène en se penchant vers la rue, mais je veux
dire: du métro, la fenêtre est cachée. "
En effet, l'immeuble est trop en retrait dans la rue pour qu'il soit possible d'apercevoir l'intérieur
de la chambre, lorsqu'on se trouve dans le wagon, au-dessus du boulevard...
Nous buvons un thé, et je suis informé des dernières nouvelles; nous devons à chaque fois nous résoudre
au même mystère autour de notre ami. |
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| XH |
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