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J'ai passé l'équateur.
Les étoiles ont changé, l'air tourne sur ma tête plus basse que mon corps en sens inverse collé à
l'envers sur la terre plate et les champs poussiéreux d'herbes hautes qui poussent elles aussi dans
le sens contraire, graminées inversées serrées vers le soleil qui demeure lui, identique au mien,
enfin à l'habituel, quoique il m'ait paru que sa chaleur était moins indifférente.
J'ai passé l'équateur, suffisament haut, volant dans les azurs figés de glace, pour ne pas sentir
la bosse qui, nécessairement, doit boursoufler la terre à l'endroit où la ligne démarcatrice marque
le globe d'une frontière noire.
J'ai passé l'équateur pas loin du zéro de mon globe, filant vers le sud, le sud mythique, et pas celui
huileux de la mer natale et fermée, non, le sud froid, celui des grandes plaines achevées d'icebergs,
au sud, vers les pingouins et les brise-glaces. Au nord de ce sud-là, le Rio de la Plata vide des
tombereaux d'une eau couleur d'argent / d'étain / d'ardoise / de perle / de plomb / de fer / de lames
ternies sur des manches de bois sombre sorties d'étuis de cuir posés sur des chevaux. |
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