| Le thème principal de la nouvelle est bien la représentation.
L'objet Aleph proprement dit est bien joli, original et tout... Mais ce qui en fait un bijou, c'est
cette tentative de description de l'irreprésentable, de l'infini.
Tout le problème est dans ce verbe : voir. La
difficulté de l'écrivain est de traduire en mots ce qu'il voit. Or depuis Babel, les mots ne sont
plus l'exacte représentation de leur objet.
Pour mettre en évidence ce problème, Borges
s'attaque à une description de l'infini. Ce qui est infini, c'est d'une part l'Aleph. Mais c'est
surtout l'acte de représentation de Borges écrivant par Borges écrivain. Ce bouclage vertigineux
n'apparaît nulle part mieux que dans cette portion de phrase.
Et dans ces yeux, qui semblent tourner dans leurs orbites pour voir Borges de l'intérieur.
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