L'Aleph ("je")
 
"je" désigne Borges. L'écrivain se met ici en scène, en tant qu'écrivain, fasciné par la représentation du chaos et de l'infini.

Il arrive souvent que Borges se mette en scène. Ce procédé lui permet d'illustrer l'acte de création littéraire : la représentation. Lorsqu'il écrit dans la nouvelle "Borges et moi" publiée dans L'Auteur : "Je ne sais pas lequel des deux [Borges ou Borges !] écrit cette page", il démontre l'impossibilité de représenter la représentation.
L'un des Borges écrit, l'autre est écrit. Tous deux ne forment pourtant qu'une même personne.

Dans l'Aleph, Borges utilise cette même mise en situation de l'écrivain (Borges) et de son objet (Borges). Tous deux sont confondus, parce que c'est le principe même de l'Aleph, "le point qui contient tous les points". Le Borges écrivant contient le Borges écrit, qui demeure, ne l'oublions pas, Borges l'écrivain... De même "... je vis l'Aleph sous tous les angles, je vis sur l'Aleph la terre et sur la terre de nouveau l'Aleph et sur l'Aleph la terre".

 
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