Poésie
 
Illumine les flots de tes sourires d'ange,
Tendre écume flottant sur les vagues salées
De larmes répétées sur des rythmes étranges,
Si loin des rives bleues. Oh, laisse-moi goûter

Sur tes lèvres closes ces grains de sucre amer
Qui sèchent ta peau sombre et tes bras enlacés.
Sors des eaux dénudée, avance vers la terre
Joyau, perle, diamant, lèvres jointes et serrées

Coquille diaphane qui s'ouvre lentement
Sur des muscles charnus ; ta peau luit sur ces chairs,
Et sur cet écrin blême nacré de velours blanc,
Tes yeux ont la couleur des vagues de la mer.

Blonde, tes cheveux nus se répandent épars
Sur tes épaules d'ambre ; et ces étoiles sombres
Qui couronnent tes seins offerts à mes regards
Hypnotisent déjà ceux qui vivent dans l'ombre.

Lumière, tu es clarté, et tu jaillis des eaux
Aphrodite régnante hors de ces flots brassés
Par des colères vaines. Déjà les sels vitaux
Se diluent dans la mer ; tu subsistes étonnée

De te voir engendrée par cet affrontement
Du sel contre le sel au sein des eaux immenses
Et des ressacs bruyants ; engendrée par le sang
Qui coulait de la lame, brillant d'un rouge intense

Or donc, te voilà nue, innocente et sans voiles
Issue des flots roulants l'écume maternelle.
Déjà tes yeux mi-clos font pâlir les étoiles
Qui brûlent de dépit ; et tu es éternelle,

Fille du dieu castré et la mer étale.
Tu parais à nos yeux issue d'un songe éteint
Et les vagues qui longent les grèves inégales
Se meurent à tes pieds en ellipses d'étain.

Tes bras s'ouvrent et les eaux cessent leurs mouvements
La houle s'interrompt, et reprend, indolente
Son vain murmure meurt, et renaît doucement.
A tes pieds où le sable en arabesques lentes

Se fige dans le soir, les lumières errantes
De lucioles tentées par la douce clarté
Qui émane de toi ; les terres amarantes
S'assemblent en conque brune où tu sembles poser.

Tout semble suspendu à ce palpitement
Qui provoque à ton cou des reflets fugitifs
Rien d'autre que le ciel et que ce battement
Rien d'autre que le vent chavirant les esquifs

Lumineux qui naviguent dans tes yeux adoucis
Et qui sombrent aux abîmes. Au zénith le soleil
Semble terne. Et pourtant, l'azur clair resplendit
Autour du ciel immense d'un éclat sans pareil.

S.
 
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