Euphorbe
 
 
Euphorbe
 
Euphorbe langée à des grains de café, genièvre délicat et poivre colorémêlés ensemble dans une vasque de porphyre gris : d'étranges odeurs montent de coupes vernissées et vieillies par les fumées trop fortes et les doigts craquelés. Sombre, opaque, crapuleux, trop plein de stances murmurées, d'invocations anciennes et de torches résineuses, cet antre est étroit, encombré de grimoires et de meubles usés. Au sol noir gisent débris, fariboles et foutaises.
Trop de fumées délétères ont bleui ma vision, un étrange soleil me fracasse la tête, je suis un alambic géant de cuivre oxydéqui distille en silence des mots sans intérêt, des vapeurs difficiles et des bulles salées. Etranges ces battements qui rythment follement la course échevelée et circulaire que je m'obstine à gagner contre mon coeur qui ne veut que ralentir. Gorge sèche, j'avale cette râpe intangible qui emplit mes poumons et brûle mes artères. Le tournoiement s'accentue; ma langue est un carcinome dur et noir qui obstrue ma bouche. Plus de mots impossibles, plus de bulles salées.
La
peste soit de ces fumées étranges !
 
S.
 
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