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LUMIERE 1
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Culminant
sur le monde
Lumineuse implacable maîtresse
Oh, tu nous sauves bien de la barbarie, déesse
Immaculée.
Tu matteins, me soutiens, tu balaies mes faiblesses
Rendons grâce chaque jour à ta puissance, amen !
En toi je meurs. |
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LE FOUSSOYEUR.
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| Je suis tombé
dun coup dans la folie. Comme ça, vouff ! Sans bruit. Jai
tenu longtemps avec aux lèvres un sourire solide, loeil
vif, et quand tout a vacillé, jai simplement pâli un peu.
Jai tenu jusquau bord de lépuisement mon rôle
de garde-fou, jai gardé mon masque de clown. Et puis un
beau jour, je me suis effondré. Mon âme sest détachée tout
doucement, comme la plume dune mouette défoliée au mazout.
Elle a tourbillonné une seconde ou deux et sest couchée
en silence sur le sol dans une dernière caresse duveteuse, elle
ma laissé seul, vide, continuant de parler parce que je
navais pas le bouton qui arrête cette fichue machine à parole,
de parler comme un ressort cassé dans une poupée en cire blanche
ballant des bras, un pantin creux et translucide, et elle sen
est allée rejoindre le paradis des morts, le repos, la merde matricielle
du monde. Jai sombré debout dans la folie, non pas que ce
fût plus digne, mais javais déjà oublié comment on tombe
quand on meurt, alors je suis resté là, fou, en létat où
mavait laissé mon âme vagabonde.
Cest comme ça que jai découvert
quon ramassait les corps des fous habillé de blanc, mais à part ça on les couche
et tout, on nhésite pas à les triturer, à les manipuler dans tous les sens comme
des vrais morts. Il y a simplement cette différence de couleur, noir pour les morts, blanc
pour les fous, et après on sétonnera que les gens aient peur de la mort ; si on
habillait nos fossoyeurs de blanc peut-être que les gens la prendrait pour une grande
niaise, ou pour une âme tombée sur le plancher, et ils se baisseraient pour la ramasser,
la mort, et la rendre à son propriétaire, mais si on habillait nos médecins de noir, est-ce
que les gens auraient peur de la folie et enterreraient nos âmes, à nous autres fous,
nos âmes qui jonchent le sol de la Terre, et iraient les enfouir sous les chrysanthèmes
pendant que nous autres fous, on hurlerait, on crierait, on pleurerait enfin comme des
enfants qui ont perdu leur mère ? ...
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| Loin des barreaux jai des paysages,
la Terre et ses continents. Trop de hauteur comme ça cest trop dennui, on embrasse
trop. On ne voit pas les morceaux, on ne sent plus rien. Il doit y avoir en bas des plaines
vertes, des montagnes poussiéreuses, des coins de mer comme des bijoux, des sables verts où
lon se heurte, des rochers doux comme de la feutre, chauds et doux à caresser, des rochers
paternels. Des villes blanches même la nuit, des villes blanches et bleues, des villes noctambules
en accolades, avec leurs places frissonnantes sous le vent sec venu des terres brûlant comme
une mauvaise toux. Des défilés dhorizons translucides où lon se coupe le visage
contre le froid, des ciels électriques ; des eaux vert-noir, vermugles avec leur lie denfants
noyés. Des forêts insoutenables de grouillement, doppression, des traces dhommes
hautes comme quatre mille ans, des plaines jaunes engluées de bêtes féroces et quelque part,
un port à la pierre fatiguée, glissante, traîtresse par lassitude, comment lui en vouloir
... Un port où il ferait bon attendre que " cela " vienne. |
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PROPHETIE.
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| Bientôt jirai mourir. Jirai
menfonçant dans les creux vagues de la mort, dans ses replis si doux. Un jour je reviendrai
au silence, je romprai le bruit. Que tout retombe donc, tous ces ovaires mal affranchis, ces
vagins qui parlent leur chanson mouillée. Un jour je serai sec et vide, je naurai plus
peur, je serai déplié au hasard sous la terre et je naurai plus mal. Je ne serai plus
autre je ne serai plus moi je serai comme un sac éventré gisant là se foutant du monde auquel
il baille indécemment figé. Bientôt. |
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LUMIERE 2
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Cloître
des voyants
Lumière est ton nom
Ordre est ta foi
Infini ton éclat
Terrible ta colère
Radieuse tu dis être
Etouffante |
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| FXS |
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